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Deux kamikazes à moto se sont fait exploser lundi près d'un commissariat de police à Surabaya, faisant au moins une victime parmi les policiers, ont annoncé les autorités au lendemain d'une série d'attentats suicide contre des églises de cette ville d'Indonésie. Une autre famille à l'origine des attentats suicide contre la police, comme les attaques précédentes.

"Il y a eu une explosion qui a fait une victime parmi nos membres", a déclaré Frans Barung Mangera, porte-parole de la police de la province de Java Oriental, sans préciser dans l'immédiat si le policier avait été tué ou blessé.

En citant les images de vidéosurveillance, il a raconté qu'un homme et une femme à moto s'étaient arrêtés au point de contrôle du commissariat: "C'est à ce moment là que l'explosion s'est produite. Il y avait deux personnes sur la moto, dont une femme à l'arrière", a précisé le porte-parole.

Le président indonésien, Joko Widodo, a condamné ce nouvel attentat qui n'a pas été revendiqué.

"Il s'agit d'un acte lâche, indigne et inhumain. Il n'y aura aucun compromis dans les mesures entreprises sur le terrain pour lutter contre le terrorisme", a déclaré M. Widodo à des journalistes.

La métropole de l'est de l'île de Java, deuxième ville d'Indonésie, a été le théâtre dimanche d'une des vagues d'attentats les plus meurtrières de ces dernières années dans l'archipel d'Asie du Sud-Est, pays musulman le plus peuplé au monde.

Trois attentats suicide ont été commis contre des églises par six membres d'une même famille, dont deux très jeunes filles, et revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Ces attaques ont fait 14 morts et des dizaines de blessés, selon un dernier bilan.

Quelques heures plus tard, trois personnes appartenant à une même famille ont été tuées et deux autres blessées dans l'explosion d'une bombe dans un immeuble d'habitation à une trentaine de kilomètres de Surabaya, a indiqué la police. Cette attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

La mère et un enfant ont péri dans l'explosion tandis que le père, qui tenait le détonateur, a été abattu par les policiers, selon la police. Les deux blessés sont deux enfants qui ont été hospitalisés.

Revenus de Syrie

Les auteurs des trois premières attaques sont six membres d'une même famille: la mère, le père, les deux filles de 9 et 12 ans et les deux fils de 16 et 18 ans, avait indiqué le chef de la police nationale, Tito Karnavian. La famille était liée au mouvement extrémiste islamiste Jamaah Ansharut Daulah (JAD), qui soutient l'EI.

Selon les autorités indonésiennes, des membres de cette famille seraient récemment revenus de Syrie, où des centaines d'Indonésiens se sont rendus ces dernières années pour combattre dans les rangs de l'EI.

Dans l'un des attentats perpétré dimanche, la mère, Puji Kuswati, et leurs deux filles avaient le visage dissimulé sous des niqabs et portaient des bombes autour de la taille au moment où elles ont pénétré dans l'église Diponegoro avant de déclencher leur ceinture d'explosifs, selon la police.

Le père, Dita Priyanto, leader de la cellule locale du mouvement JAD, a pénétré avec son véhicule rempli d'explosifS dans l'église pentecôtiste de Surabaya, pendant que ses fils à motocyclettes se sont attaqués à l'église Santa Maria en déclenchant leurs explosifs, selon la même source.

Le Mouvement JAD est lié à de nombreuses attaques et attentats suicide, dont l'un en janvier 2016 à Jakarta qui avait coûté la vie à quatre civils et quatre assaillants. Cette attaque avait été la première revendiquée en Asie du sud-est par l'EI. L'Indonésie est depuis en état d'alerte.

© AFP