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Barack Obama a annoncé lundi le déploiement de 275 militaires américains en Irak pour protéger l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad et les citoyens américains qui s'y trouvent.

Le département d'Etat avait annoncé dimanche, sans en préciser le nombre, l'envoi de renforts de sécurité pour protéger cette ambassade face "l'instabilité et la violence" régnant dans le pays. Il avait également annoncé le déplacement de certains employés vers d'autres sites.

"A compter du 15 juin, quelque 275 militaires ont commencé à être déployés en Irak pour renforcer la sécurité des employés américains et de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad", indique Barack Obama dans un courrier adressé au président de la Chambre des représentants et à celui du Sénat.

"Cette force est déployée pour protéger les citoyens américains et les bâtiments américains si nécessaire, et elle est équipée pour le combat", précise le président, qui ajoute qu'elle restera en Irak "jusqu'à ce que la situation en termes de sécurité ne justifie plus sa présence".

Après une offensive fulgurante la semaine dernière au cours de laquelle ils ont pris le contrôle de la deuxième ville d'Irak, Mossoul, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés lundi de certains secteurs d'une ville stratégique du nord-ouest.

Barack Obama devait réunir lundi soir les membres de son Conseil de sécurité nationale (NSC) pour examiner les différentes options qui s'offrent à lui - parmi lesquelles le recours aux frappes aériennes - pour tenter d'enrayer la progression des jihadistes.

Les Etats-Unis et l'Iran ont parlé à Vienne de l'Irak 

Les Etats-Unis et l'Iran ont parlé lundi de la crise en Irak, en marge de leurs négociations à Vienne sur le programme nucléaire de Téhéran, a indiqué le département d'Etat américain.

"Il y a eu de brèves discussions au P5+1 aujourd'hui sur l'Irak, de très brèves conversations", a déclaré sur CNN, depuis la capitale autrichienne, la porte-parole de la diplomatie américaine, Marie Harf.

"L'avenir dira si nous voulons continuer à parler avec l'Iran de l'Irak", a ajouté la responsable.

Mais un autre diplomate américain a expliqué à l'AFP qu'il n'y aurait a priori pas d'autres échanges entre Téhéran et Washington à Vienne, à propos de la crise en Irak.

Mme Harf a rappelé que les Etats-Unis et l'Iran avaient un "intérêt partagé" contre l'EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant), dont les combattants ultra-radicaux sunnites menacent le régime chiite à Bagdad.

Auparavant, un responsable américain avait rappelé dans un courrier électronique que son gouvernement était "ouvert à un engagement avec les Iraniens (...) à propos de la menace que représente l'EIIL pour l'Irak".

Et "le dossier a été abordé brièvement avec l'Iran en marge du P5+1 aujourd'hui à Vienne", où se tient depuis lundi un nouveau cycle de tractations entre les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran sur son programme nucléaire controversé.

Les Etats-Unis affirmaient officiellement depuis lundi matin qu'ils envisageaient de parler directement avec l'Iran de la réponse à apporter à l'avancée fulgurante des jihadistes en Irak, tout en excluant toute coopération militaire avec Téhéran.

Les deux gouvernements n'ont plus de relations diplomatiques depuis 34 ans.