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Le ministre israélien des Affaires étrangères a convoqué dimanche un haut diplomate polonais pour lui demander une "clarification" au sujet du vote d'une loi dénoncée par Israël sur le rôle des Polonais dans la Shoah. Cette loi prévoit la prison pour toute personne qui utiliserait le terme "camps de la mort polonais" pour qualifier les camps d'extermination que les nazis avaient installé en Pologne quand ils occupaient ce pays durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour entrer en vigueur, ce texte doit être voté par le Sénat et signé par le président polonais.

Le Chargé d'affaires de l'ambassade de Pologne en Israël, Piotr Kozlowski, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem pour une "clarification" avec de hauts responsables, selon un communiqué.

"L'opposition d'Israël à la formulation du projet de loi lui a été exprimée", a déclaré le ministère. "Le moment choisi pour la présentation du projet de loi - la veille du jour du Souvenir de l'Holocauste - a été particulièrement surprenant et regrettable".

"Le projet de loi n'aidera pas à établir la vérité historique et pourrait nuire à la liberté de la recherche, tout en empêchant la discussion sur le message historique et l'héritage de la Seconde Guerre mondiale", indique le communiqué.

"Nous attendons du gouvernement polonais qu'il modifie le libellé du projet de loi avant son adoption finale et qu'il mène un dialogue avec Israël sur ce sujet".

Pour les Polonais, l'utilisation du terme "camps de la mort polonais" donne la fausse impression que leur pays serait responsable de la Shoah.

Pour les dirigeants israéliens, ce texte représente une tentative de nier la participation de Polonais à l'extermination des juifs par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

"Cette loi est sans fondement. On ne peut pas changer l'Histoire et la Shoah ne peut pas être niée", a proclamé M. Netanyahu, samedi soir.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki avait déclaré sur Twitter que "Auschwitz-Birkenau n'est pas un nom polonais, et Arbeit Macht Frei n'est pas une expression polonaise", en référence à l'expression inscrite sur le portail d'entrée du camp nazi: "le travail rend libre" en allemand.

Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, a également critiqué le texte mais de manière plus nuancée.

"Cette loi est susceptible de brouiller la vérité historique concernant l'assistance que les Allemands ont reçue de la part de la population polonaise durant l'Holocauste", a souligné dans un communiqué cette institution, qui a toutefois reconnu "qu'il ne fait aucun doute que le terme +camps de la mort polonais+ constitue une interprétation erronée de l'histoire".