International Israël a réautorisé l’accès dimanche, deux jours après la mort de deux policiers.

Deux jours après sa fermeture, l’accès à l’esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, a été de nouveau autorisé dimanche en début d’après-midi. La fermeture du troisième lieu saint de l’islam (et le premier pour le judaïsme, sous le nom de mont du Temple) a été décidée par les autorités israéliennes après que deux policiers israéliens ont été tués par balles et un autre blessé, vendredi 14 juillet au matin. Les assaillants, trois jeunes Arabes israéliens, ont pris la fuite en direction de l’esplanade où ils ont été abattus par les forces de l’ordre israéliennes.

L’attaque avait été aussitôt condamnée par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, ainsi que par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. La fermeture du site, justifiée pour des raisons sécuritaires, avait empêché des milliers de musulmans de s’y rendre pour la prière du vendredi. Une telle mesure, qui n’avait pas été appliquée depuis des décennies (1969), a provoqué l’ire du monde arabe, dont la Jordanie, la gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem.

Le Premier ministre israélien avait cependant précisé que "le statu quo [y] serait préservé". Mais pour beaucoup de Palestiniens, cette fermeture a été considérée comme une énième mesure punitive à leur égard. Dès vendredi, la mort des assaillants, devenus martyrs, était célébrée sur les réseaux sociaux.

Des détecteurs de métaux installés

Pendant deux jours, la vieille ville de Jérusalem a donc été désertée, ses entrées gardées par les forces de police israéliennes : seuls les résidents pouvaient y pénétrer. Samedi soir, un communiqué du bureau de M. Netanyahou annonçait qu’il avait été "décidé de rouvrir le mont du Temple progressivement demain [16 juillet] pour les fidèles, les visiteurs et les touristes". Aussi dimanche matin, les ruelles et le souk de la vieille ville retrouvaient un peu d’animation tandis que des portiques électroniques (détecteurs de métaux) étaient posés au seuil de deux des neuf portes d’accès à l’esplanade, sur décision du cabinet du Premier ministre israélien. C’est ensuite seulement que le site a été rouvert, d’abord pour les seuls fidèles, résidents de Jérusalem. Les représentants du Waqf, l’organisme chargé de la gestion des biens musulmans, se sont refusés à passer par les nouveaux portails de sécurité, dénonçant la violation du statu quo. L’esplanade des Mosquées demeure un lieu de tensions extrêmes entre Palestiniens et Israéliens, les premiers craignant que les seconds prennent le contrôle exclusif du site.