International

Le cabinet de sécurité israélien a maintenu mardi son veto à la venue de la mission de l’ONU chargée d’établir ce qui s’est passé dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, a annoncé la présidence du Conseil dans un communiqué.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres a pour sa part reconnu à la radio publique que cette «décision place Israël dans une situation qui n’est pas simple».

«Dans la journée, il doit y avoir une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui peut prendre des mesures unilatérales contre nous et sans nous, en pensant que nous avons quelque chose à cacher», a ajouté M. Peres.

Le communiqué de la présidence du Conseil publié à l’issue de la réunion du cabinet de sécurité indique «qu’Israël a présenté des conditions cruciales afin que la mission puisse faire la lumière honnêtement, mais tant que ces exigences ne seront pas remplies, il n’est pas possible de commencer le travail de la mission».

Durant la réunion les responsables des services de sécurité, notamment le chef d’état-major, le général Shaul Mofaz, et le chef du Mossad (renseignements) Ephraïm Halévy, se sont prononcés contre un feu vert à la venue de la mission de l’ONU, a précisé la radio.

«Il y a des craintes de la part des responsables des services de sécurité et de l’armée, mais je ne cesse de dire que la justice est de notre côté. Nous n’avons rien à craindre, si nous continuons à refuser, il risque d’y avoir une commission d’enquête internationale», a affirmé M. Peres.

«Il se peut qu’il y ait eu des dysfonctionnements dans le domaine humanitaire pour la distribution de l’eau, pour les ambulances, mais il n’y a eu que sept civils palestiniens tués et 45 hommes armés (palestiniens) qui ont trouvé la mort, alors que nous avons perdu 23 soldats durant les combats», a-t-il poursuivi.

Les Palestiniens accusent l’armée israélienne, qui avait fermé le camp aux secours et aux médias pendant son occupation, d’y avoir commis des «crimes de guerre» et un «massacre».

Israël dément, affirmant avoir tué à Jénine une majorité de «terroristes» et rappelant y avoir perdu 23 hommes, pendant les combats acharnés du 3 au 12 avril.

Les corps d’une cinquantaine de Palestiniens tués pendant cette période ont été retrouvés dans le camp dévasté.

Des organisations des droits de l’Homme font état de violations des conventions internationales. Un expert de Human Rights Watch qui s’est rendu dans le camp, Peter Bouckaert, a indiqué que le nombre de Palestiniens tués avait atteint 53, dont 21 civils.