International Le nouveau venu, surnommé "il ragazzino", est l’exact contraire du bouillant fondateur du Mouvement 5 Etoiles.

"Je suis ici pour changer l’Italie, pas le mouvement !" Lorsqu’il monte sur le podium pour prononcer son discours, acclamé par les militants du Mouvement 5 Etoiles venus à Rimini pour la kermesse politique annuelle, Luigi Di Maio vient d’être proclamé officiellement candidat au poste de chef du gouvernement italien en vue des élections législatives de 2018. "Les votants ont été 37 442… Et un certain Luigi Di Maio a reçu 30 936 voix", a proclamé d’un ton blagueur, Beppe Grillo, le gourou de ce mouvement populiste créé en 2007.

Un peu plus de trente mille voix pour désigner le candidat premier ministre d’un mouvement qui prétend gouverner le troisième pays industriel de la zone Euro, c’est bien peu par rapport aux élections primaires du Parti Démocrate qui avaient réuni en avril deux millions de votants dont 70 % en faveur de Matteo Renzi. Mais le M5S, qui arrive premier parti dans les sondages actuels, a déjà prouvé que l’ambition est sa première qualité. Le choix de Luigi Di Maio fait sans doute partie d’une stratégie politique construite sur papier pour modifier l’image d’un mouvement qui a jusqu’ici surfé sur la colère des Italiens en utilisant l’image du bouillant Beppe Grillo.