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Le gouvernement italien a annoncé mercredi qu'il envisageait de révoquer la concession de la société gérant l'autoroute où se trouve le viaduc qui s'est effondré à Gênes.

Les autorités souhaitent en outre la démission des dirigeants de cette société, Autostrade per l'Italia, et vont réclamer une amende pouvant atteindre 150 millions d'euros, a annoncé sur Facebook le ministre des Infrastructures et des Transports.

Que s'est-il passé?

L'effondrement soudain d'un viaduc d'autoroute près de Gênes, appelé pont Morandi du nom de son concepteur, a précipité environ 35 voitures et quelques camions dans le vide d'une hauteur de 45 mètres. Le bilan est d'au moins 42 morts dont 3 français.

"C'est une catastrophe qui a frappé Gênes et toute l'Italie. Un drame effrayant et absurde s'est abattu sur des personnes et des familles", a déclaré le président italien Sergio Mattarella dans un communiqué.

Le pont était connu pour présenter des problèmes structurels et les responsables politiques ont appelé à ce que les coupables éventuels de négligences soient identifiés et punis.

"Le bilan s'alourdit malheureusement à plusieurs dizaines de morts dans la tragédie de Gênes, dont trois enfants de 8, 12 et 13 ans, avec les derniers corps récupérés par les pompiers qui ont travaillé sans repos cette nuit", a annoncé le ministre de l'Intérieur sur Twitter. Matteo Salvini promet que les responsables vont "payer, payer tout et payer cher".

Le drame s'est déroulé en fin de matinée, sous une pluie battante. Dans un énorme grondement, qui a fait craindre aux riverains un tremblement de terre, le pont Morandi s'est effondré sur plus de 200 mètres.

De l'une de ces voitures, Davide Capello, 36 ans, lui-même pompier, est sorti sans une égratignure. "D'abord j'ai entendu un bruit, puis tout s'est écroulé", a-t-il raconté.

"J'ai vu la route disparaître, ça a été une énorme frayeur. Je ne sais pas comment ma voiture n'a pas été écrasée".

Afifi Idriss, chauffeur routier marocain de 39 ans, a lui aussi eu de la chance: "J'ai vu le camion vert devant moi s'arrêter et faire marche arrière, je me suis arrêté, j'ai fermé le camion et je suis parti en courant", a-t-il raconté à l'AFP.

Le camion vert était toujours là mardi soir, arrêté juste avant le vide béant.

Très vite, le choc a fait place à la colère.

"Je ferai tout pour avoir les noms et les prénoms des responsables passés et présents. Il est inacceptable de mourir comme ça en Italie", a lancé M. Salvini. "Ils devront payer, payer tout et payer cher".


Le président Mattarella a appelé à "un examen sérieux et sévère des causes" du drame. "Aucune autorité ne pourra se soustraire à un exercice de pleine responsabilité: les familles de tant de victimes l'exigent, de même que la communauté frappée par un événement qui laissera des traces".

"Les Italiens ont droit à des infrastructures modernes et efficaces", a ajouté le président.

Le pont Morandi, long de 1,18 km, est un ouvrage en béton de la fin des années 1960 qui a connu selon les experts des problèmes structurels dès sa construction et faisait l'objet d'un coûteux entretien lié en particulier aux fissures et à la dégradation du béton.

Selon la société italienne des autoroutes, "des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc", qui faisait l'objet "d'activités constantes d'observation et de vigilance".

En raison du relief très accidenté de la région de Gênes, entre mer et montagne, le parcours de l'autoroute est jalonné de longs viaducs et de tunnels.

Le vice-ministre des Infrastuctures Edoardo Rixi s'est toutefois montré très pessimiste sur l'avenir de l'ouvrage. "Tout le pont Morandi devra être démoli", a-t-il déclaré selon l'agence de presse italienne Ansa, prévoyant de graves conséquences pour la circulation et pour la ville de Gênes dans son ensemble.

"Un pont de ce genre ne s'effondre pas à cause d'un éclair ou d'un orage, il faut trouver les coupables", a dit ce vice-ministre.

"Ces tragédies ne peuvent pas arriver dans un pays civilisé comme l'Italie. La maintenance est prioritaire sur toute autre chose et les responsables devront payer", a lui aussi insisté le ministre Toninelli.

L'autoroute A10, dite "autoroute des fleurs", relie Gênes à Vintimille, à la frontière française. En raison du relief très accidenté de la région, entre mer et montagne, son parcours est jalonné de longs viaducs et de tunnels.