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Le recensement des Roms voulu par le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini, homme fort du nouveau gouvernement et patron de la Ligue (extrême droite), a suscité mardi l’indignation de l’opposition et le malaise jusqu’au sein de son propre camp.

La Commission européenne, pressée de questions sur le sujet, a rappelé mardi qu’on ne pouvait pas, "en règle générale, expulser un citoyen européen sur la base de critères ethniques". Mais les réactions les plus vives aux déclarations de M. Salvini, qui a le rang de vice-Premier ministre, sont venues d’Italie, y compris au sein du nouveau gouvernement populiste. L’autre vice-Premier ministre Luigi Di Maio, pour sa part chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S), a ainsi rappelé que le recensement d’une partie de la population sur une base ethnique était contraire à la loi italienne. "Cela me fait plaisir que Salvini ait démenti toute hypothèse de fichage et de recensement des immigrés parce que si une chose est inconstitutionnelle, elle ne peut se faire."

Matteo Salvini, qui occupe quasiment en permanence le devant de la scène politique depuis sa nomination le 1er juin au poste clé de l’Intérieur, a proposé lundi un recensement de la communauté Rom pour permettre, entre autres, de faciliter les expulsions de ceux de nationalité étrangère en situation irrégulière, puisque, selon lui, les "Roms italiens, malheureusement, tu dois te les garder à la maison".

M. Salvini a démenti vouloir "ficher" ou prendre les empreintes digitales des Roms vivant en Italie, assurant qu’il se préoccupait du sort des "pauvres enfants" de cette communauté "à qui on apprend à voler et l’illégalité". Mardi, visiblement agacé par les critiques, il a confirmé son projet initial : "Je ne cède pas et vais de l’avant ! D’abord les Italiens et leur sécurité."

Aucun chiffre officiel n’existe mais, selon une association proche de cette communauté, les Roms en Italie seraient entre 120 000 et 180 000, en majorité de nationalité italienne.

L’opposition de gauche a tiré à boulets rouges sur la proposition de Matteo Salvini qui lui rappelle les lois raciales votées pendant la période fasciste dans les années 1930. "L’Italie est retournée en 1938", année du vote de ces lois raciales visant alors les Juifs italiens, a ainsi jugé sur Twitter la sénatrice du Parti démocrate, Monica Cirinna.