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Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) a déclaré mardi que s'il parvenait à un accord avec Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), pour gouverner l'Italie, "ce serait une bombe".

Les pourparlers entre les deux hommes et leurs lieutenants, qui avaient semblé près d'aboutir lundi, ont dû être prolongés quand M. Salvini a posé ses conditions en matière de lutte contre l'immigration ou de politique européenne.

Mardi, les deux hommes ont rappelé chacun de leur côté qu'ils ne discutaient que depuis six jours, alors qu'il avait fallu six mois pour obtenir un accord de gouvernement en Allemagne.

Et tous deux sont revenus sur les doutes exprimés dans la presse face à leur éventuelle alliance, de même que sur les mises en garde mardi de plusieurs responsables européens, "des eurocrates que personne n'a élus" selon M. Di Maio.

"Plus ils nous attaquent, plus je suis motivé. Je vois dans un certain establishment une telle peur du changement", a assuré le chef de file du M5S dans une vidéo diffusée sur Facebook.

"Si on y arrive, ça sera une bombe, mais une bombe dans le sens positif. Nous réussirons avec courage à rendre leurs droits aux citoyens, à ramener sur la scène européenne l'Italie à ce qu'elle vaut", a-t-il insisté.

Le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, a mis en garde l'Italie mardi contre toute velléité d'entorse au pacte européen de stabilité et de croissance.

Mais c'est une remarque du commissaire européen aux Migrations Dimitris Avramopoulos sur la poursuite de la politique migratoire italienne qui a fait réagir M. Salvini sur les réseaux sociaux.

"Basta (ça suffit) ! Enième interférence inacceptable d'un non-élu. Nous avons accueilli et entretenu trop (de migrants), c'est maintenant l'heure de la légalité, de la sécurité et des expulsions", a insisté le chef de la Ligue, proche du Front national français.

Devant des journalistes, il s'est dit "optimiste mais réaliste" quant à la possibilité d'aboutir à un accord avec le M5S, évoquant des positions "encore lointaines" dans plusieurs domaines.

"Il faut un gouvernement fort qui fasse la révolution fiscale, la révolution sur le thème de la sécurité. Si on peut le faire, on le fera. Si on ne peut pas, la seule alternative sera de rendre la parole aux Italiens", a-t-il répété.

M. Di Maio a assuré pour sa part qu'un éventuel accord serait soumis au vote par internet des militants et que ses détails seraient expliqués au public "samedi et dimanche dans les rues sur des stands du M5S".

Mais, signe que la question du poids relatif des deux camps n'est pas réglée, M. Di Maio a évoqué les six millions d'électeurs de la Ligue -- contre 11 millions pour le M5S, alors que M. Salvini se présente comme le représentant des 12 millions d'électeurs de la coalition de droite, même si ses alliés de ne le suivent pas.