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La menace proférée par le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio de faire tomber le gouvernement s'il ne devait pas obtenir satisfaction sur le prochain budget a quelque peu secoué les marchés en Italie. 

Le prochain budget donne lieu à des discussions serrées entre les deux poids lourds de la majorité, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), dont M. Di Maio est le chef de file et la Ligue (extrême droite) que dirige l'autre vice-Premier ministre Matteo Salvini.

Ce dernier défend l'idée d'une grande baisse des impôts passant par une "flat tax" comportant deux taux uniques de 15 et 20%, tandis que M. Di Maio défend le projet d'un revenu de citoyenneté, sorte de revenu universel dont les contours sont encore à préciser.

Ces deux réformes ont un coût très élevé, quelque 10 milliards d'euros pour le seul revenu de citoyenneté, et des arbitrages seront nécessaires, qui génèrent une certaine tension entre les deux principaux actionnaires du gouvernement populiste italien.

"Ou il se fait, ou il y aura un gros problème pour ce gouvernement", a ainsi lancé mardi soir M. Di Maio, interrogé sur ce revenu de citoyenneté par la télévision publique Rai 3.

Mercredi, la Bourse de Milan a accusé le coup avant de se reprendre dans la journée. L'indice FTSE MIB a perdu près d'un 1% avant de se reprendre, mais certaines banques comme Intesa Sanpaolo ont cédé jusqu'à plus de 3%. Vers 16H30, il revenait très légèrement dans le vert à +0,07%. Sur le marché secondaire de la dette, vers 16H15 (14H15 GMT), le taux d'emprunt italien à 10 ans remontait à 2,978% contre 2,943% à la clôture mardi.

Le spread, indicateur très suivi de la confiance, qui mesure l'écart entre les taux italien et allemand, s'établissait à 257,21 points de pourcentage après avoir touché un point bas à 244 ces derniers jours, à la suite de déclarations jugées apaisantes sur le budget du ministre italien des Finances Giovanni Tria.