Jack Lang: "Mitterrand était l'homme le plus haï de France!"

ABONNÉSDorian de Meeûs et Jonas Legge Publié le - Mis à jour le

International François Mitterrand, le premier président socialiste de la Vème République, s'est éteint il y a 20 ans. Son ancien ministre de la Culture et de l'Education nationale évoque son héritage, son bilan, sa personnalité ainsi que les polémiques qui ont animé ses deux mandats. Jack Lang est l'Invité du samedi de LaLibre.be.

Extraits:

Un sondage montre que les citoyens français retiennent de Mitterrand en priorité l'abolition de la peine de mort. C'est votre cas aussi ?

C'est une mesure emblématique mais, non, je ne retiens pas celle-là en priorité. Je garde de lui l'image d'un homme d'action, de volonté, de conviction et de fidélité. C'est aussi l'homme des libertés : il a instauré la liberté des radios, des télévisions, des collectivités locales. Il a renforcé les droits des travailleurs, des femmes. Il a aussi transformé le paysage culturel français. Au niveau européen, il s'est engagé dans la construction d'une Europe nouvelle, et notamment de l'euro.

(...)

François Mitterrand est plus populaire de nos jours que lors de sa présidence. Pourquoi selon vous ?

Ce n'est pas anormal. Comme c'était un homme d'action, de conviction, il a connu des hauts et des bas durant sa présidence. François Mitterrand a été l'homme le plus haï de France à une époque et ensuite l'un des plus aimés, en 1988-89. Le temps a fait son oeuvre, a épuré son image. Ne nous plaignons pas que, comme pour de Gaulle, l'on conserve les aspects plus positifs.

Se confiait-il souvent à vous ?

Je ne sais pas si l'on peut parler de confidences. J'avais avec lui une relation de complicité, d’amitié. Et de confiance surtout.

Mitterrand a été accusé d'avoir orchestré la médiatisation de Jean-Marie Le Pen pour nuire à la droite. Le FN, actuellement premier parti de France, est-il un héritage empoissonné laissé par François Mitterrand ?

C'est le plus grand des bobards qui n'ait jamais été inventé ! Mais la question est en permanence posée, ce qui montre que ceux qui ont inventé ce bobard savaient qu'il aurait la vie dure. François Mitterrand, par toutes les fibres de son être, était hostile au racisme, à la xénophobie.

N'a-t-il vraiment pas voulu favoriser le FN en instaurant un scrutin proportionnel?

(...)

Découvrez l'intégralité de cet entretien dans la Sélection LaLibre.be (à partir de 4.83 euros par mois)