James Holmes, un tueur fou ?

Stéphanie Fontenoy, Correspondante aux Etats-Unis Publié le - Mis à jour le

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Les regards des famille de victimes hier dans la salle d’audience d’un tribunal du Colorado ne pouvaient se détacher de la chevelure orange flamboyant du suspect. James Holmes, le tueur présumé du cinéma d’Aurora, est apparu le visage pâle et le regard absent pour sa première comparution devant la justice. Alors que le juge lui a fait connaître ses droits constitutionnels, le jeune homme de 24 ans semblait éprouver du mal à garder les yeux ouverts, comme saisi d’endormissement ou drogué. Il portait un gilet pare-balles sous sa chemise de prisonnier bordeaux. A ses côtés se tenait l’avocate publique de la défense.

Cette audience préliminaire n’a duré que quelques minutes, le temps pour le juge et les parties de régler les questions pratiques. Alors que l’enquête est toujours en cours, la procureure de l’Etat, Carole Chambers, a demandé un délai d’une semaine avant que ne soit rendu l’acte d’accusation, soit lundi prochain. Le meurtrier présumé, arrêté sur le parking du cinéma, dans la banlieue de Denver, devrait être accusé de multiples homicides volontaires et de coups et blessures après avoir ouvert le feu sur les spectateurs lors d’une séance du film "Batman" le 20 juillet peu après minuit. 12 personnes sont mortes et 70 autres ont été blessées.

La procureure de l’Etat, Carole Chambers, devrait requérir la peine de mort contre l’accusé, après consultation avec les familles des victimes. Fervente partisane de la peine capitale, la magistrate a par deux fois rendu cette sentence contre des meurtriers au cours des huit dernières années. Mais le Colorado n’est pas le Texas : aucune exécution n’a été prononcée dans cet Etat depuis 1977.

"Il est important que nous traitions l’accusé comme n’importe quelle autre personne qui doit faire face à la justice", a affirmé Carole Chambers lors d’une conférence de presse après l’audience. Un procès ne sera pas ouvert avant "au moins un an", a-t-elle affirmé.

James Holmes a été reconduit à sa cellule et va être gardé dans l’isolement pour sa propre protection, sans possibilité d’être relâché sous caution.

Selon des experts des questions légales aux Etats-Unis, le seul espoir pour le suspect d’échapper à la peine de mort ou à la perpétuité est de plaider la démence. "Il y a deux éléments à chaque crime : les faits concrets et l’état mental du suspect", a expliqué à la chaîne CNN l’avocat au criminel Rick Kornfeld. "Clairement, dans ce cas, il est impossible de défendre le sujet sur les faits. Il ne s’agit pas de savoir s’il a bien commis le crime, il y a des témoins pour cela, donc la défense doit se concentrer sur son état psychologique."

Brillant étudiant en neurosciences qui venait d’interrompre son cursus, le tueur présumé sera soumis à des tests psychologiques pour déterminer s’il peut être traduit devant la justice. "C’est une personne très intelligente, apparemment très méthodique, capable de fabriquer une bombe et de suivre un cours de doctorat, mais cela ne veut pas dire qu’il ne souffre pas d’une maladie mentale", poursuit Rick Kornfeld. "S’il croit qu’il est un personnage fictif comme le personnage du Joker dans Batman, s’il pense qu’il peut tirer ses actions d’une bande dessinée, cela peut aider la défense."

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