International Correspondante en Europe centrale

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a nommé Janos Ader, un cofondateur de son parti le Fidesz, au poste de président de la République. Une nomination sans grande surprise, Janos Ader, un juriste de 52 ans, étant très proche de Viktor Orban. La nomination de Jonas Ader doit être soumise au vote du parlement le 2 mai prochain. Mais il devrait être élu sans problème, le Fidesz contrôlant les deux tiers des sièges. "Ader est une personne qui pourra créer sécurité et prévisibilité" , a déclaré le chef de fraction (parlementaire) Janos Lazar, en soulignant que Viktor Orban jouissait du soutien complet des députés du Fidesz. Janos Ader, 52 ans, est actuellement eurodéputé. Entre 2002 et 2006, il était chef de fraction du Fidesz et est considéré comme un homme de confiance de Viktor Orban.

Le prochain chef de l’Etat aux pouvoirs limités devra s’efforcer de restaurer l’autorité morale de sa fonction, mise à mal par son prédécesseur Pal Schmitt. Après un mois de polémiques, cet ancien champion d’escrime a reconnu avoir plagié l’essentiel d’une thèse universitaire sur l’histoire des Jeux olympiques, et a démissionné. "Mais Schmitt était de toute façon un président grotesque", estime Ana, enseignante. "On l’appelait ‘le stylo’ pour la vitesse avec laquelle il signait toutes les lois adoptées par le parlement Fidesz !"

Viktor Orban, l’autoritaire Premier ministre en délicatesse avec l’Union européenne, a choisi de ne pas donner à son pays un "sage", comme le premier chef de l’Etat de l’après-communisme Arpad Göncz, plutôt à gauche, ou l’avant-dernier président de droite Laszlo Solyom, qui incarnaient, chacun à leur manière, un consensus national, et offraient une image "tranquille" de la Hongrie à l’étranger.

"Orban a décidé de continuer sur sa lancée et de nommer un loyaliste, plutôt qu’un modéré comme Janos Martonyi, le ministre des Affaires étrangères, dont il a besoin à cette fonction pour négocier avec l’Union européenne", a écrit Petèr Kreko, du centre d’analyse Political Capital. Le Premier ministre hongrois a été sérieusement échaudé par les affrontements qui se sont déroulés au sein de son parti pendant un mois autour du "cas Pal Schmitt". Nombre de députés auraient voulu voir Viktor Orban pousser le président à démissionner plus tôt, pour couper court aux critiques et aux manifestations de l’opposition et de la société civile.

"Le prochain président sera élu sans problème, il sera comme Schmitt dans la main d’Orban, et le rapport de force politique ne changera pas", a-t-on pu lire sur Origo, le premier site d’informations du pays. Restera le souvenir de la difficulté d’un chef de gouvernement tout-puissant à faire face à une "faute morale" d’un de ses très proches. Et la prise de conscience, chez beaucoup de Hongrois, de l’incapacité de Viktor Orban à tirer des leçons de ses erreurs.

Le pays a toujours besoin du soutien de ses partenaires européens pour obtenir un prêt de 20 milliards d’euros du Fonds monétaire international et de l’Union européenne pour rembourser ses dettes. Mais le Premier ministre a choisi de continuer à verrouiller le "système" autour de lui, sans tenir compte de l’avis de l’opposition socialiste et verte prête à soutenir un candidat de droite plus consensuel. Pour Viktor Orban, une chose compte : le président Ader sera en fonction jusqu’en 2017, soit deux ans après la fin de l’actuelle législature. Assez de temps pour nommer des "Fidesz pur jus" à des postes-clés de la haute fonction publique