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Le Japon, où se déroulent dimanche des élections législatives anticipées, est la troisième puissance économique mondiale, mais l'archipel est confronté à de grands défis géopolitiques, démographiques et économiques.

Corée du Nord

La crise avec la Corée du Nord n'est pas nouvelle, mais elle a pris des proportions inédites ces derniers mois avec des tirs répétés de missiles --dont deux au-dessus du Japon en moins de trois semaines-- et un sixième essai nucléaire.

Le gouvernement de Shinzo Abe appelle à une pression renforcée sur le régime de Pyongyang, lequel campe sur ses positions et continue à développer ses armes en bravant toutes les résolutions des Nations unies.

M. Abe défend la position dure américaine, qui affirme que "toutes les options sont sur la table", sous-entendu y compris l'action militaire, pour ramener Pyongyang à la raison. Mais le chef du gouvernement japonais essaie dans le même temps de rester en bons termes avec Moscou, qui plaide au contraire pour la relance du dialogue diplomatique.

Dénatalité, vieillissement, protection sociale

Le Japon souffre d'un phénomène de vieillissement accéléré dû à une augmentation de la durée du vie --une des plus longues du monde--, conjuguée à une dénatalité. Moins d'un million d'enfants sont nés en 2016 dans le pays, du jamais vu depuis que les statistiques existent. Parallèlement, le pays compte plus de 60.000 centenaires. Les plus de 65 ans représentent déjà 27,7% de la population et devraient atteindre près de 40% en 2050. La baisse de la main-d'oeuvre et la fragilité de la protection sociale sont les deux plus gros risques pour l'avenir.

Mondialisation

Le Japon peine face à la mondialisation: les négociations d'accords de libre-échange sont laborieuses: plus de quatre ans pour celui avec l'Union européenne, qui est encore loin d'être fixé dans le détail. M. Abe avait réussi à signer le Traité transpacifique (TPP) avec 11 pays de la région Asie-Pacifique. Mais les Etats-Unis qui, du temps de Barack Obama, l'y ont poussé, s'en sont finalement retirés sur décision de Donald Trump.

Les entreprises nipponnes ont aussi du mal face à la montée en puissance de groupes asiatiques, notamment chinois et sud-coréens, et de jeunes pousses américaines dans des domaines où elles dominaient pourtant (informatique, équipements électroniques et audiovisuels, etc.), en raison notamment d'une inadaptation de leur façon de travailler.

Comparées à leurs rivales étrangères, elles manquent de réactivité dans un environnement qui a considérablement changé du fait du coup d'accélérateur donné par internet. Des scandales à répétition sabotent aussi leur image auprès des investisseurs et des consommateurs.

Déflation

Le Japon ne parvient pas à se débarrasser durablement de la déflation qui freine depuis deux décennies l'activité des particuliers et des entreprises, malgré une politique monétaire ultra-accommodante et des plans de relance budgétaires censés favoriser les dépenses des ménages et les investissements des entreprises.

Echaudés par de précédentes crises, les citoyens et entrepreneurs nippons tendent toujours à épargner et reporter à plus tard des dépenses qui ne sont pas essentielles. Le Premier ministre Abe n'a toujours pas trouvé la recette idéale pour leur redonner confiance.

Dette colossale

M. Abe a récemment avoué que le solde du budget annuel des administrations publiques (hors charge de la dette) ne reviendrait pas à l'équilibre en 2020 comme initialement prévu. Il justifie ce nouveau report par la nécessité de faire plus pour les enfants (gratuité d'une partie de la scolarité). Dans le même temps, il assure qu'il ne diffèrera pas de nouveau la hausse de la taxe sur la consommation, qui doit passer de 8% actuellement à 10% en octobre 2019. Tous les organismes internationaux, à commencer par le Fonds monétaire international (FMI), et des membres de son propre camp, mettent en garde contre la dette publique colossale du pays --plus de 200% de son Produit intérieur brut-- et le risque que cela représente.

Réformes structurelles

Avec sa politique de relance "abenomics" inaugurée fin 2012 au moment de son retour au pouvoir, M. Abe a promis nombre de réformes structurelles (dérégulation, révision des lois sur le travail, promotion des femmes, réformes agricoles). Mais peu ont avancé comme promis et les analystes considèrent que, sans ces changements fondamentaux, le pays ne parviendra pas à en finir avec ses maux.