International Celui qu'on appelle "le logeur de Daech" a accordé un entretien à Libération lors duquel il a émis l'idée de publier une biographie. 


Jawad Bendaoud vit en région parisienne et semble comme un lion en cage dans un petit six mètres carrés. Il ne cesse de répéter qu'il ne connaissait pas Abdelhamid Abaaoud, l'un des terroristes de Daech qui a participé à la logistique des attentats de Paris en 2015. "Je vous le jure sur mon fils que je ne savais pas qui était Abaaoud. J'aurais foutu ma vie en l'air pour 150 balles? Franchement… C'est ce que je me faisais en dix minutes en vendant de la coke et du crack. Je suis pas un pu**** de terro!", a déclaré le trentenaire au quotidien français. "La coke, ça me rapportait 2.000, 3.000 euros la journée", a-t-il ajouté.

Après sa relaxe, Jawad Bendaoud s'installe à Barcarès, en Pyrénées-Orientale, avec sa compagne et son fils. C'est sur la plage qu'il accorde une interview à BFMTV dans laquelle il s'excuse. Les habitants de Barcarès reconnaissent alors les lieux et manifestent leur mécontentement et leur hostilité. Jawad Bendaoud est obligé de déguerpir. 

 

S'il est la cible d'insultes, mépris et menaces de mort, Jawad est aussi une "bête de foire". Selfies, offres d'emplois douteuses, voire même rencards: ce genre de demandes se comptent par centaines pour le trentenaire. Une jeune fille de 16 ans désire devenir sa femme sans jamais l'avoir rencontré et des escort girls proposent leurs services contre un peu de pub sur Internet.

La tentation de l'endoctrinement

Lorsqu'il était en prison, Jawad Bendaoud a été placé dans la cellule voisin de Reda Kriket, l'un des terroristes les plus dangereux du pays. "On m'a aussi fait parvenir une clé USB avec tous les prêches d'Abou-Bakr al-Baghdadi [le 'calife' de l’Etat islamique]. En vrai, si je m'étais radicalisé, l'histoire aurait été plus simple. On aurait dit 'voilà, le gars de cité, c'était un terro qui dissimulait'. Sauf que moi, en taule, les gars de Daech voulaient me fumer parce que j'écoutais Booba et que je jouais à la Xbox." 

Aujourd'hui, Jawad Bendaoud envisage de publier une biographie, pour laquelle il cherche une plume: "On peut en vendre des milliers". Parce que Jawad, surnommé "K2, en référence au personnage fourbe du film Banlieue 13, a le sens du business. "Chef, toi t'es journaliste. Si t'as besoin d'une interview avec un dealer, une pute, un trafiquant d’armes, n'oublie pas, Jawad est là !", a-t-il lancé au journaliste de Libération après l'interview.