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Une nouvelle partie de chaise musicale à la Maison Blanche. Jeudi, le président américain Donald Trump a nommé le néoconservateur John Bolton au poste de conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

La nomination de l'analyste de Fox News intervient au moment d'aborder des négociations historiques avec la Corée du Nord et à l'approche d'une échéance cruciale sur l'avenir de l'accord sur le nucléaire iranien dont cet ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU est un grand pourfendeur.

"Je suis heureux d'annoncer qu'à compter du 9 avril 2018, John Bolton sera mon nouveau conseiller à la sécurité nationale", a tweeté Donald Trump.


Justifier la présence d'armes de destruction massive en Irak

Sous l'ère George W. Bush, John Bolton était un haut fonctionnaire du Département d'Etat dont la mission était de justifier la guerre en Iraken 2003, montrer que les renseignements américains disposaient des preuves accusant le régime de Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive. Considérée comme tangible à l'époque, cette affirmation s'est rélévée fausse après la publication des documents déclassifiés par la CIA en 2015. 

Dans une interview accordée au Washington Examiner en 2015, il déclarait que "la décision de renverser Saddam Hussein était la bonne. [...] Vous ne pouvez pas supposer que la douceur et la lumière prévaudraient au Moyen-Orient aujourd'hui s'il était resté au pouvoir".

Un conseiller belliciste

Désormais, John Bolton est la troisième personne à occuper ce poste depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. Connu pour sa moustache, son goût de la provocation et son style parfois abrasif, le néoconservateur de 69 ansfut l'un des chefs de file des "faucons" au sein de l'administration de George W. Bush et son ambassadeur aux Nations Unies.

"J'ai mes opinions et j'aurai l'occasion de les présenter au président", a-t-il répondu, défendant la nécessité pour le locataire de la Maison Blanche d'avoir "un libre-échange d'idées" avec ses différents conseillers.

Des opinions qu'il a déjà partagées il y a quelques semaines sur l'antenne de Fox News. Le nouveau conseiller à la sécurité nationale ne voit pas d'un bon oeil la rencontre entre Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un et pense même que ce sera un échec qui mènera à des actions militaires.

Une nomination controversée

"Avec la nomination de John Bolton, l'équipe de politique étrangère de Trump sera la plus conservatrice et idéologique et la moins pragmatique de mémoire récente", a réagi Aaron David Miller, diplomate chevronné qui a travaillé dans des administrations démocrates comme républicaines.

"Courage, Jim Mattis", a-t-il ajouté en référence au chef du Pentagone vu par nombre d'analystes comme la dernière voix de la modération au sein de l'équipe Trump, en particulier sur la Corée du Nord et l'Iran.

Richard Haass, président du centre de recherche Council on Foreign Relations (CFR), a posté un message sur les réseaux sociaux. Il a exprimé ses doutes sur la capacité de l'ancien ambassadeur de se glisser dans les habits d'influent conseiller du leader de la première puissance mondiale.

"Un conseiller à la sécurité nationale doit être un intermédiaire honnête qui s'assure que le président puisse examiner tous les points de vue. Ensuite, il est un conseiller avec ses points de vue. [...] La question qui se pose est de savoir si John Bolton a le caractère et la capacité de jugement pour ce poste".