International Jos Brech, en cavale, a été interpellé non loin de Barcelone pour le meurtre et le viol du petit Nicky Verstappen, 11 ans.

Vingt ans après le crime, le présumé coupable est arrêté. Jos Brech pensait ne jamais devoir répondre devant la justice du meurtre et du viol du petit Nicky Verstappen, en août 1998, dans la province de Limbourg aux Pays-Bas. Mais c’était sans compter sur la vaste récolte d’ADN lancée par la police néerlandaise en février dernier.

Mais revenons d’abord sur la tragique disparition du petit Nicky Verstappen. La nuit du 9 au 10 août 1998, le jeune garçon participe à un camp organisé par un mouvement de jeunesse à Brunssummerheide, aux Pays-Bas. Soudainement, il disparaît. Des recherches intenses sont alors lancées pour retrouver le jeune garçon mais hélas, ce n’est que le lendemain, qu’on le retrouvera mort. Son corps a été abandonné non loin du camp.

Très vite, il est apparu que Nicky Verstappen avait été violé avant d’être tué. L’enquête commence alors pour tenter de retrouver l’auteur de cet acte monstrueux. Très vite aussi, il apparaît que Jos Brech fait partie des moniteurs présents dans le camp. Mais rien ne prouve alors qu’il est impliqué dans cette affaire. Les enquêteurs ne disposent alors que de traces laissées sur les vêtements du petit Nicky.

Vingt ans plus tard, la police néerlandaise se lance dans une remarquable stratégie.

En février dernier, elle invite pas moins de 20.000 hommes à livrer leur ADN dans la région. Un prélèvement d’une grande ampleur jamais réalisé jusque-là aux Pays-Bas. L’Italie avait procédé de la sorte afin de résoudre le meurtre d’une adolescente commis en 2011. En Belgique, cela ne s’est encore produit.

Stratèges donc, les enquêteurs néerlandais repèrent alors les personnes qui ne répondent pas à l’appel pour le prélèvement ADN qui, pour rappel, doit se faire sur base volontaire.

Un tiers des hommes sollicités ne se présentent pas. Et c’est sur ces derniers que la police a poussé son enquête. L’un d’eux, Jos Brech disparaît alors de la région.

Localisé dans les Vosges, l’homme en cavale sent que l’étau se resserre autour de lui. Et pour cause, le 22 août dernier, la police néerlandaise annonce qu’il est désormais le principal suspect dans l’affaire Nicky Verstappen.

Jos Brech se sent coincé. Il prend une nouvelle fois la fuite, direction l’Espagne.

C’est là que, ce dimanche, sa cavale a pris fin, grâce à l’intervention d’un témoin qui a reconnu son visage sur l’avis de recherche lancé par les enquêteurs néerlandais. Et vous le verrez ci-dessous, en cavale, le présumé meurtrier vivait dans des maisons abandonnées (voir article plus bas).

Jos Brech a annoncé hier qu’il acceptait d’être extradé vers les Pays-Bas. Vingt ans après le crime, une réponse judiciaire pourra probablement être enfin apportée aux parents.

Brech a toujours cherché à fréquenter des scouts

Du Népal à la Pologne, en passant par la France, il se rapprochait des enfants.

Jos Brech, 55 ans, était équipé pour survivre dans la nature. Il vivait d’ailleurs entre sa tente et des maisons abandonnées. Il aurait traversé nos Ardennes avant de rejoindre les Vosges pour se planquer finalement dans une maison abandonnée à quelques kilomètres de Barcelone, là où sa cavale a pris fin ce dimanche.

Le quinquagénaire, suspecté aujourd’hui du meurtre et du viol du petit Nicky Verstappen, a toujours tout fait pour être proche des enfants. Selon nos confrères du journal Het Laatste Nieuws, l’homme a s’est rendu à plusieurs reprises au Népal dans un camp de scouts. Il a fait pareil dans les Vosges, tentant chaque fois de se retrouver entouré d’enfants.

En 1983, déjà, Brech publiait une annonce dans le journal où il s’adressait aux jeunes de sa résidence, Simpelveld. Il souhaitait créer un groupe de travail local à destination des 12-15 ans.

Dans la forêt de Wijnandsrade, il a approché deux jeunes garçons. Il a fait des aveux à la police, mais il n’a pas été poursuivi. Brech a alors bénéficié d’une période probatoire de deux ans.

Aucun dossier chez nous

En 2002, il est contraint de quitter les scouts. Il déménage et rejoint alors les scouts polonais avant de rejoindre un camp dans les Vosges françaises. En outre, l’an dernier, il a dirigé un camp de scouts pour 150 enfants dans les Vosges françaises avant de fuir, au printemps dernier, vers Barcelone.

Précisons enfin, qu’à ce stade, l’ADN du présumé criminel ne correspond à aucune affaire belge. Mais c’est encore trop tôt pour le déterminer avec certitude. Pour le moment du moins, cet ADN n’a matché avec aucun dossier connu chez nous.