International Les indépendantistes doivent répondre ce jeudi aux questions du pouvoir de Madrid.

Carles Puigdemont, le président catalan, daignera-t-il répondre ce jeudi au Premier ministre espagnol Mariano Rajoy sur sa déclaration d’indépendance unilatérale (DUI) ? La pression est dans son camp. Mardi, le tribunal constitutionnel espagnol a confirmé que la loi référendaire catalane induisait "de graves ruptures dans l’arsenal législatif", tout en soulignant que le fait de quitter le giron espagnol ne pourrait se faire qu’avec l’accord de tous et donc pas unilatéralement.

Un verdict qui est tombé après l’arrestation de Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, deux dirigeants de l’Assemblée nationale catalane (ANC) et d’Omnium culturel (OC), deux mouvements qui structurent l’activisme indépendantiste dans la rue. Ils ont été placés en détention préventive. Josep Lluis Trapero, chef des Mossos d’Escuadra (police catalane), lui, reste libre mais est inculpé pour les mêmes faits qui remontent au 20 septembre quand une foule de manifestants avait bloqué - un jour et une nuit - une commission judiciaire et les agents de la Garde civile qui perquisitionnaient le ministère catalan de l’économie.

"Ce sont des prisonniers politiques et les otages du Royaume d’Espagne", a déclaré Agusti Alcoberro (ANC). Face à cette double arrestation, mardi soir, une grande manifestation a parcouru les rues de Barcelone pour exiger "la libération des deux Jordi".

Dans ce contexte actuel où il paraît très affaibli, que peut encore faire Carles Puigdemont ?

Il a encore la possibilité d’organiser des élections ‘autonomicas’(régionales). Un scénario très improbable car perçu comme une reconnaissance de facto de la légalité constitutionnelle espagnole. Pour la plupart des indépendantistes, cela signifierait la reddition face à Rajoy. Mais Barcelone ne veut pas apparaître comme la partie qui empêche le dialogue. Puigdemont est plutôt enclin à proposer une réponse qui consisterait à critiquer "la répression" des autorités espagnoles tout en insistant sur son désir de négociation "entre égaux".

Et si Rajoy considère la réponse de Puigdemont comme insuffisante ?

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