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Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exclu vendredi de se séparer de son bras droit, l'Allemand Martin Selmayr, au coeur d'une polémique après sa promotion éclair à la tête de l'administration de l'institution.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, questionnés sur cette nomination à la fin du sommet européen, ont pour leur part salué le travail de M. Selmayr.

La nomination de Martin Selmayr, 47 ans, chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, au poste de secrétaire général de la Commission européenne, la fonction la plus élevée dans l'administration de l'institution, est critiquée par le Parlement européen. Les élus ont posé 130 questions sur les conditions de cette nomination et le respect des règles internes de l'institution. La Commission s'est engagée à répondre ce week-end, a indiqué un des élus, l'allemand Sven Giegold.

Membre du Parti populaire européen, Jean-Claude Juncker a averti jeudi les dirigeants membres du PPE qu'il démissionnerait si Martin Selmayr devait être renvoyé, a indiqué à l'AFP une source au sein de la formation, confirmant des informations obtenues par le Spiegel et Politico.

"M. Selmayr ne va pas démissionner car je suis le seul en mesure de lui demander de démissionner", a déclaré Jean-Claude Juncker vendredi au cours de la conférence de presse à la fin du sommet européen.

Interrogé sur sa menace de démission, M. Juncker a estimé que cette question n'était "pas pertinente", puisqu'il n'allait pas demander à M. Selmayr de partir.

La chancelière Angela Merkel a pour sa part réfuté l'accusation selon laquelle M. Selmayr défendait les intérêts allemands au sein de l'exécutif européen.

"J'apprécie beaucoup le travail de M. Selmayr et à celui qui croit, que, parce qu'il a la nationalité allemande, il fait que ce qui arrange l'Allemagne, nous n'avons pas du tout cette impression. Il décide de façon très européenne".

Quant au président français, il a déclaré "avoir toujours apprécié le professionnalisme de l'intéressé. La personne et sa qualité ne doivent pas être remise en cause, c'est quelqu'un d'une grande compétence qui connait bien l'Europe", a-t-il ajouté.

Interrogés sur une éventuelle domination des Allemands dans les institutions européennes, Mme Merkel a réfuté cette idée. Quant à M. Macron, il a promis la vigilance sur les équilibres régionaux, tout en ajoutant que ce qui importait avant tout c'était "d'avoir les gens les plus compétents possibles".