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Un groupe d'Iraniens est apparu une nouvelle fois vendredi bouche cousue pour protester contre le sort des migrants, dans la moitié sud de la "Jungle" de Calais (France) dont l'évacuation s'est poursuivie.

En silence et le visage souvent couvert par un bonnet transformé en cagoule, douze Iraniens ont défilé avant de s'arrêter devant les forces de l'ordre, non loin des pelleteuses qui poursuivaient le démantèlement, entamé lundi, des cabanes et tentes dans cette partie du bidonville.

Certains ont défilé avec des pancartes sur lesquelles était écrit en français: "Allez-vous nous entendre maintenant? Réveillez-vous!".


Les deux journées précédentes, des Iraniens, sans savoir s'il s'agit en partie des mêmes, avaient manifesté de la même manière. Ils étaient cinq mercredi et neuf jeudi.

Sur un baraquement voisin, une inscription prévient, en anglais: "Nous sommes en grève de la faim. Nous avons besoin de repos. Merci de le respecter".

Les "No border", des militants qui affirment vouloir aider les migrants et militent pour un monde sans frontières, sont soupçonnés d'être les instigateurs de ce geste spectaculaire.

Dans la matinée, le ministre de l'Intérieur français, Bernard Cazeneuve, avait fait part de son "sentiment d'immense compassion et de tristesse", assurant que "la volonté du gouvernement à Calais est de régler ce problème en faisant en sorte que chaque personne (...) en situation de vulnérabilité trouve une solution d'hébergement".

Les opérations de démantèlement doivent être suspendues pendant le week-end et reprendre la semaine prochaine.

"Closed! Kaputt! Destruction!", lançaient vendredi des policiers à des migrants qui tentaient de passer le cordon policier pour rejoindre des baraquements de fortune promis à la destruction.

La partie sud de "La Jungle" abrite entre 800 et 1.000 migrants selon le gouvernement français, mais près de 3.500 d'après les associations. Selon différentes sources, entre 3.700 et 7.000 migrants au total, surtout syriens, afghans et soudanais, sont installés dans le bidonville.

Un peu plus d'un quart de la surface concernée par les opérations avaient été évacuées vendredi, soit "un peu plus de deux hectares" sur 7,5. L'ensemble du camp atteint les 18 hectares.

Le démantèlement de la partie sud de "la Jungle" pourrait prendre "un mois, peut-être plus", ont indiqué cette semaine les autorités. "L'idée n'est pas de précipiter les choses. On prendra le temps qu'il faut. Il y a des zones plus faciles que d'autres, certaines plus denses...", a expliqué vendredi un responsable local de l'Etat, Vincent Berton.