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Les anciens Premiers ministres français Alain Juppé et Jean-Marc Ayrault, et belge Guy Verhofstadt, mais aussi l'ex-eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit, appellent à "consolider la stratégie migratoire de l'Europe", qui a permis selon eux de sortir de la "crise", dans une tribune parue dans le JDD.

"Certains laissent croire que nous serions en pleine crise migratoire. Or si l'Union européenne n'a pas apporté de réponse structurelle au défi des migrations, ce que nous regrettons, force est de reconnaître que la stratégie mise en oeuvre a permis de contenir les flux qui sont au plus bas depuis cinq ans", ont souligné les signataires, auxquels s'est joint Guillaume Klossa, initiateur du mouvement Civico Europa.

"L'Union a renforcé Frontex (...). La coopération en matière d'information et de lutte contre le terrorisme a été considérablement améliorée tandis que les accords avec la Turquie et les communautés libyennes ont limité les migrations illégales", ont salué les cinq hommes, appelant à "consolider" cette stratégie, mais se disant "inquiets" des "amalgames qu'entretiennent à dessein certains États entre migrations légales, illégales et asile".

Leurs propos rejoignent en partie ceux d'Emmanuel Macron, qui lors d'un point presse samedi à l'Elysée au côté du nouveau Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a assuré que "l'Europe ne vit pas une crise migratoire à la taille de celle qu'elle a vécu en 2015".

"La crise que nous vivons aujourd'hui en Europe est une crise politique", a poursuivi le chef de l'Etat, plaidant pour des sanctions financières envers ceux qui refuseraient d'accueillir des réfugiés, comme l'ont déjà annoncé les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), très hostiles aux migrants, et qui ont prévenu jeudi qu'ils excluaient de participer au mini-sommet européen dimanche sur le sujet, en préambule du Conseil européen des 28 et 29 juin.

"Ce conseil ne suffira pas à donner le souffle puissant dont l'Europe a besoin pour se réinventer", soulignent les signataires de la tribune, saluant l'accord formulé entre Emmanuel Macron et Angela Merkel sur la "nécessité d'un budget pour l'euro zone", mais appelant également à avancer sur "un budget européen ambitieux et une réforme de l'Union économique et monétaire", pour contrer l'impact de futures "crises économiques et financières".

Julien Aubert, secrétaire général adjoint de LR et député, a, lui, jugé dimanche sur Twitter qu'"affirmer comme le fait cette tribune que l'Europe va mieux relève soit de la mauvaise foi, soit de la méthode coué. Italie, Allemagne, Autriche: les peuples rejettent cette vision déconnectée".