International L’assassinat rocambolesque du demi-frère du dictateur nord-coréen suscite bien des questions. Les réponses sont à chercher dans les liens de Kim Jong-Nam avec Pékin. Et dans les difficultés que connaît un régime stalinien à la dérive. A nalyse.

Pourquoi avoir fait assassiner Kim Jong-Nam, le demi-frère du dictateur nord-coréen Kim Jong-Un, et pourquoi maintenant ? La réponse à ces questions nous en apprendrait sans doute beaucoup sur la situation politique à Pyongyang, plus que jamais baignée d’un épais mystère. Et peut-être aussi sur les rapports, à l’évidence de plus en plus compliqués, entre le régime communiste nord-coréen et son principal, voire son seul allié : la Chine.

La mort de Kim Jong-Nam, dans des circonstances dignes d’un roman de John le Carré, est à plus d’un titre stupéfiante. Cet homme de 45 ans pouvait passer pour un banal passager attendant lundi, à l’aéroport international de Kuala Lumpur en Malaisie, un vol pour Macao, l’ancienne colonie portugaise devenue en 1999 un territoire chinois sous statut spécial. C’est là que le plus âgé des cinq enfants connus de Kim Jong-Il, lui-même fils du maréchal Kim Il-Sung, fondateur de la Corée du Nord communiste, résidait une partie du temps depuis son départ en exil au début des années 2000 - un destin qui n’en faisait justement pas un voyageur ordinaire.

Celui en qui on avait logiquement vu l’héritier présomptif du régime était en disgrâce, disait-on, depuis une mésaventure qui avait couvert sa famille et son pays de ridicule : il avait été arrêté en 2001 à l’aéroport de Tokyo, alors qu’il voyageait avec un faux passeport de la République dominicaine dans le but, à l’en croire, de visiter Disneyland avec son fils. Il était aussi, voire surtout, en disgrâce parce que Kim Jong-Il avait répudié sa mère, l’actrice Sung Hye-Rim (elle devait mourir à Moscou en 2002), au bénéfice d’une danseuse, Ko Young-hee, la mère de Kim Jong-Un (elle est décédée d’un cancer à Paris en 2004).