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La Corée du Nord, accusée par l'ONU de violer les droits de l'homme, a envoyé lundi une lettre au Conseil de sécurité lui demandant de se pencher plutôt sur les accusations de torture portées par le Sénat américain contre la CIA.

Les sévices infligés à des dizaines de détenus liés à Al-Qaïda et détaillés dans un récent rapport du Sénat "sont les violations des droits de l'homme les plus graves commises dans le monde", affirme la mission nord-coréenne à l'ONU, dans une lettre dont l'AFP a eu copie.

Cette question "doit être examinée d'urgence au Conseil car elle risque d'avoir un impact imminent et déstabilisateur sur la paix et la sécurité internationales", ajoute l'ambassadeur nord-coréen Ja Song Nam. Il demande la création d'une "commission d'enquête (..) pour que les responsables rendent des comptes".

En revanche, affirme-t-il, "le supposé +problème des droits de l'homme+ en Corée du Nord n'est qu'une fabrication politique et n'a donc aucun rapport avec la paix et la sécurité dans la région ou dans le monde". Le Conseil de sécurité doit examiner dans les prochains jours la situation des droits de l'homme en Corée du Nord mais la date exacte et le format de cette réunion restent à déterminer.

Le mois dernier, l'Assemblée générale de l'ONU avait adopté une résolution demandant au Conseil de saisir la Cour pénale internationale (CPI).

La résolution, non contraignante, est largement fondée sur un rapport d'enquête de l'ONU publié en février. Celui-ci accusait la Corée du Nord de commettre des exactions "sans égal dans le monde contemporain". Pyongyang avait réagi en brandissant la menace d'un nouvel essai nucléaire.