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Le gouvernement de transition de la République démocratique du Congo (RDC) suggère à la Belgique d'avoir un ministre des Affaires étrangères qui soit «diplomate », a affirmé vendredi le ministre congolais de l'Information et de la Presse, Henri Mova Sakanyi.

«Nous constatons que la Belgique a besoin d'un ministre des Affaires étrangères qui soit diplomate », a déclaré M. Mova, à l'AFP. Le ministre, qui est également porte-parole du gouvernement de la RDC, réagissait aux propos jugés «inamicaux » par Kinshasa du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht.

Au terme d'une visite de trois jours (13-15 octobre) en RDC, M. Gucht avait déclaré à la presse lors d'une étape à Kigali qu'il avait rencontré au Congo peu de responsables politiques «convaincants ».

«J'ai rencontré au Congo peu de responsables politiques qui m'ont laissé une impression convaincante », avait-il affirmé. «Ici (à Kigali), il y a au moins un Etat. Au Rwanda, on s'efforce de gérer (le pays) de manière correcte », avait-il ajouté avant de nuancer quelque peu ses propos dimanche, puis d'évoquer lundi la corruption régnant au Congo.

Et jeudi, en commission des relations extérieures de la Chambre, M. De Gucht avait évoqué pêle-mêle l'absence d'Etat en RDC, la corruption, les retards dans l'adoption de la législation qui doit permettre l'organisation d'élections libres l'an prochain, la difficile intégration de l'armée et l'absence de sécurité dans l'est du pays.

Le porte-parole du gouvernement congolais a affirmé vendredi que «le domaine de la diplomatie a des exigences dans le langage, les us et coutumes. Il a des obligations de réserve, de respect et de souveraineté des Etats (...) », a martelé M. Mova, soulignant qu' »un ministre qui n'est pas en mesure de comprendre cela n'est pas à sa place ».

«On ne peut pas mener la politique d'un Etat en se faisant expert en vocifération, en invective, en colibet et en paternalisme vis-à-vis des autres Etats », a insisté le ministre pour qui le voyage de M. De Gucht a été «le retour de Tintin au Congo (...) ».

M. Mova a déploré de la part de l'homme d'Etat belge un manque d'expérience «criante » de la région et des propos qui frisent «le racisme et la nostalgie du colonialisme ».

«C'est un peu comme un commissaire privé qui vient en vente publique pour voir qui du Rwanda et du Congo est plus offrant, alors il se met à distribuer des points: Très bien pour le Rwanda et médiocre pour la RDC », a ironisé le porte-parole du gouvernement congolais.

Pour ce dernier, la Belgique officielle s'est déjà engagée à soutenir le processus de transition en RDC, mais M. De Gucht est en total désaccord avec son propre gouvernement.

«Les propos du ministre des Affaires étrangères belge n'appellent de la part du gouvernement congolais que mépris et indignation », a encore indiqué M. Mova, concluant que «ce ministre (De Gucht) doit rentrer sur les bancs de l'université pour apprendre les prérequis de la diplomatie ».

Ces propos ont été tenus avant l'entretien téléphonique qu'ont eu vendredi le Premier ministre belge Guy Verhofstadt et le président congolais Joseph Kabila pour expliquer le sens des déclarations de M. De Gucht et assurer Kinshasa de la poursuite des efforts belges pour faire réussir la transition dans son ancienne colonie.