International

Des coups de feu ont été tirés tôt lundi contre l'ambassade américaine à Ankara sans faire de victime, ont rapporté les autorités, dans un contexte de vives tensions entre la Turquie et les Etats-Unis. Un ou plusieurs individus non identifiés ont tiré plusieurs fois depuis un véhicule sur le bâtiment de l'ambassade américaine vers 05H30 (04H30 HB) lundi, selon le gouvernorat d'Ankara.

Aucun blessé n'était à déplorer, a indiqué le gouvernorat.

Deux hommes ont été arrêtés dans la journée et ont avoué avoir perpétré ensemble cette attaque, selon un deuxième communiqué publié en fin d'après-midi.

L'ambassade américaine a remercié les autorités turques pour leur "action prompte et professionnelle" qui a permis l'arrestation de ces deux individus.

Un impact de balle était clairement visible lundi matin sur la vitre d'une guérite de sécurité de l'ambassade, a constaté une journaliste de l'AFP. Cet incident survient à un moment de fortes tensions entre la Turquie et les Etats-Unis, pourtant alliés au sein de l'Otan.

En raison de la détention pendant un an et demi puis l'assignation à résidence d'un pasteur américain fin juillet, Washington a imposé des sanctions contre Ankara, qui a immédiatement répliqué.

"Cette attaque est une tentative de créer du chaos", a dénoncé sur Twitter Ibrahim Kalin, porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan. "La Turquie est un pays sûr, les missions étrangères sont protégées par la loi", a-t-il ajouté.

Condamnant lui aussi les faits, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a assuré sur Twitter: "Nous nous assurerons qu'une enquête sera rapidement conduite sur cette affaire et que ses auteurs seront présentés à la justice".

La crise diplomatique entre Ankara et Washington a notamment inquiété les marchés, déjà défiants face à la mainmise sur l'économie du président Recep Tayyip Erdogan, et fait s'effondrer la livre turque.

"Il n'y a aucune différence entre les attaques contre notre économie et celles qui visent notre drapeau ou notre appel à la prière", a déclaré M. Erdogan lundi matin, en amont de la fête musulmane du sacrifice. "Ceux qui pensent qu'ils nous feront céder avec les cours des devises verront bientôt leur erreur", a ajouté le chef de l'Etat turc, signe que les tensions ne faiblissent pas.