L’Amérique se porte-t-elle mieux qu’il y a quatre ans?

Stéphanie Fontenoy Publié le - Mis à jour le

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International Correspondante à New York

Les temps sont durs aux États-Unis. Mais, plutôt que de se décourager, Barack Obama expliquera ce jeudi soir aux Américains pourquoi ils doivent le réélire le 6 novembre. Le président sortant n’est pas aidé par la conjoncture économique toujours aussi morose. Le messager de l’espoir de l’élection de 2008 devra donc démontrer par défaut que le pays serait en pire état sans son intervention pour sauver les banques, l’industrie automobile et la classe moyenne.

Cette semaine, à la Convention démocrate de Charlotte, en Caroline du Nord, toutes les têtes d’affiche du parti, nouvelles et anciennes, ont parlé d’une Amérique qui doit se reconstruire du bas vers le haut, non pas à travers le laisser-faire économique, mais à travers l’investissement public, d’un pays où les opportunités et les richesses doivent être mieux partagées.

La Première Dame, Michelle Obama, a ouvert le spectacle mardi soir et renforcé ce point en puisant anecdote sur anecdote dans le vécu familial. "Nous étions tellement jeunes, tellement amoureux et tellement endettés", a-t-elle raconté, émue, du début de leur mariage. Quand le couple croulait sous le poids de leurs prêts étudiants et de celui de leur maison. Un discours apolitique seulement en apparence. En filigrane, on pouvait entendre une critique déguisée des origines aisées et de la carrière lucrative de Mitt Romney, qu’elle n’a pourtant jamais cité.

"Pour Barack, le succès ne se mesure pas à l’argent que vous gagnez, mais à la différence que vous faites dans la vie des gens", a déclaré la First Lady, ajoutant que, pour son mari, "quand la porte des opportunités vous est ouverte, vous ne la refermez pas derrière vous".

Plus tôt dans la soirée, la nouvelle étoile montante démocrate, le jeune maire de San Antonio Julian Castro, avait chauffé la salle sur le même thème, attaquant directement le ticket républicain Romney-Ryan et ses solutions pour l’économie. "Leur théorie a été testée. Elle a échoué. Notre économie a échoué. La classe moyenne a payé le prix. Votre famille a payé le prix. Et Mitt Romney ne le comprend pas."

Le camp démocrate faisait écho à une attaque fracassante du candidat républicain lors de son investiture la semaine dernière à Tampa : "Si vous avez ressenti de l’excitation quand vous avez voté pour Barack Obama, ne devriez-vous pas ressentir la même chose maintenant qu’il est le président Obama ?". Autrement dit, le pays se porte-t-il mieux aujourd’hui qu’il y a quatre ans, quand les États-Unis avaient voté pour le changement ? Ou est-il temps de prendre une autre voie ? Le candidat qui répondra le plus clairement à cette question clé remportera sans doute la Maison-Blanche en novembre. Malgré un stimulus économique et le sauvetage de l’industrie automobile, les Démocrates partent avec un sérieux handicap : un taux de chômage à 8,3 % contre 6,1 % quatre ans plus tôt, des pertes massives sur le marché de l’immobilier, une croissance plancher, des inégalités toujours plus criantes, le moral des ménages en berne.

"La vraie question, indique Richard Robb, professeur d’économie à la Columbia University, n’est pas de savoir si nous sommes en meilleure santé économique qu’il y a quatre ans, mais de savoir si nous l’aurions été sans les mesures politiques prises par Barack Obama. Or, c’est beaucoup plus difficile à déterminer car nous n’analysons pas ce qui n’a pas eu lieu."

En l’absence d’éclaircie économique, la tâche de l’ancien président Bill Clinton, mercredi soir, à la Convention de Charlotte, était de redorer le blason de Barack Obama. Personnalité extrêmement populaire, dont la présidence avait été marquée par une période de prospérité économique, il devait encourager les troupes à ce moment difficile. "Un message enthousiasmant et unificateur de Bill Clinton pourrait être très utile à Barack Obama car le pays est cynique, dégoûté et fatigué", souligne Théa Lee, une des responsables de l’AFL-CIO, la plus grande centrale syndicale américaine, dans les colonnes du quotidien "USA Today". "Une partie importante de ce que [les Américains, NdlR] recherchent est sa personnalité chaleureuse, son charisme et son énergie positive."

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