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Le ministre argentin du Travail a sanctionné d'une amende sans précédent de 29 millions de dollars un des plus puissants syndicats du pays, qui avait paralysé le pays le 25 juin.

Le ministère indique que le syndicat est coupable d'avoir maintenu des grèves fin 2017, alors qu'organisations patronales et syndicales étaient réunies pour négocier dans le cadre d'une conciliation obligatoire. La loi prévoit dans ce cas de figure la suspension de la mobilisation.

Le communiqué du ministère fait état d'une "sanction de 4.430 pesos pour chacun des 182.797 adhérents du syndicat, soit une amende de 810 millions de pesos", ou l'équivalent de 29 millions de dollars.

Le syndicat concerné, celui des routiers, a dénoncé "une persécution politique".

"Nous allons faire appel devant la justice", a déclaré Pablo Moyano, secrétaire général adjoint du syndicat des routiers. Il y voit une tentative "d'intimidation de la part du gouvernement", précisant que son syndicat ne pouvait pas faire face à cette amende.

"Si on doit payer cette amende, la mutuelle sera en faillite. Et j'accompagnerai à la porte du ministère les malades pour qu'il les prenne en charge", a averti le secrétaire général de la Fédération des routiers, Hugo Moyano, inquiet pour la survie de l'assurance santé qui couvre environ 800.000 personnes.

Le syndicat des routiers est mobilisé sur divers fronts et devait participer vendredi à une manifestation de rejet de l'accord scellé le mois dernier entre l'Argentine et le Fonds monétaire international (FMI), estimant qu'il aura un coût social important pour les 41 millions d'Argentins.