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La Russie organisera le mois prochain ses plus grandes manoeuvres militaires depuis les années 1980, avec la participation d'environ 300.000 soldats et 1.000 avions ainsi que d'unités de l'armée chinoise, a annoncé mardi le ministre russe de la Défense.

"Il y aura comme un air de Zapad-81 (Ouest-81, ndlr), mais en plus imposant d'une certaine manière", a commenté Sergueï Choïgou, cité par les agences de presse russes, faisant référence aux exercices de 1981 en Europe orientale, les plus importants jamais organisés par l'URSS et ses alliés.

Les exercices Vostok-2018 (Est-2018) auront lieu du 11 au 15 septembre en Sibérie orientale et en Extrême Orient, a-t-il précisé, soulignant qu'outre des détachements chinois, des unités de l'armée mongole y prendraient part.

Selon M. Choïgou, les manoeuvres impliqueront "plus de 1.000 avions et quelque 300.000 militaires, soit pratiquement toutes les forces des districts militaires Centre et Ouest".

"Imaginez 36.000 engins militaires se déplaçant en même temps : des chars, des blindés de transport de troupes, des véhicules de combat d'infanterie. Et tout cela, bien sûr, dans des conditions aussi proches d'une situation de combat que possible", s'est-il enthousiasmé.

Un porte-parole de l'Otan, Dylan White, estime de son côté que ces manoeuvres militaires "démontrent que la Russie se focalise sur l'entraînement à un conflit de grande ampleur".

"Cela s'inscrit dans une tendance que nous voyons depuis un moment : une Russie plus sûre d'elle, qui augmente significativement son budget de Défense et sa présence militaire", a-t-il ajouté.

Selon M. White, des représentants de l'Alliance atlantique ont été invités à assister en tant qu'observateurs à ces exercices russes. Cette invitation "est à l'étude", a-t-il dit.

Les manoeuvres Zapad-2017 avaient réuni l'année dernière 12.700 militaires en Russie et au Bélarus, selon Moscou.

Mais, selon l'Otan, la taille de ces exercices avait été largement minimisée, des membres de l'Alliance en Europe de l'Est affirmant que plus de 100.000 hommes avaient alors été déployés.