International Cela ressemble, de loin, à une propagande. Sur les plateaux des chaines d'information outre-Atlantique, d'ABC à Fox News, pas un jour sans que l'avocat du Trump Jr., Jay Sekulow, ne vienne tenter de discréditer la thèse d'une rencontre à visée néfaste entre le fils du 45ème président des Etats-Unis et une avocate russe, Natalia Veselnitskaya, alors que se déroule en ce moment une série d'enquêtes sur ce que les médias anglo-saxons appellent désormais "The Russia Investigation".

Cette réunion, qui embarrase la Maison Blanche depuis une semaine et qui se serait tenue l'an passé, servait selon le Washington Post à obtenir des "informations embarrassantes" sur la rivale démocrate de Donald Trump aux élections, Hillary Clinton.

Sauf que, si Donald Trump Jr. avait encore de bonnes excuses pour dédramatiser cette rencontre, celles-ci viennent de voler en éclats - et il peut remercier son avocat.

"Eh bien, si cette réunion avait des visées néfastes, je me demande pourquoi les Services secrets [ou USSS, pour United States Secret Service], ont laissé ces gens entrer. Car, à cette époque, le président était protégé par les Services secrets. Cela me rend dubitatif", a déclaré l'avocat Sekulow dans l'émission This Week d'ABC News.

L'excuse semblait déjà légère et un peu désespérée pour les Américains qui commentent la publication Twitter d'ABC News. La version de Sekulow prête, selon eux, à confusion.


"Vous ne répondez toujours pas à la question."


"Sacrifier les services secrets dans une justification? La stratégie audacieuse de la langue de coton."


C'était avant que les Services secrets ne répliquent. "Donald Trump Jr. n'était pas sous la protection de l'USSS en juin 2016. Donc, nous n'aurions contrôlé aucune des personnes qu'il a rencontrées à ce moment-là", a déclaré Mason Brayman, le porte-parole de l'agence gouvernementale.

Comprenons: Trump Jr. avait le champ libre. Et le scénario d'une rencontre avec cette avocate pour établir un dossier à charge contre Clinton tient la route.

A cette période, donc, seul le père Trump bénéficiait de cette garde rapprochée. Mais les Services secrets vont plus loin en objectant que l'avocat Sekulow leur prête une compétence... qui n'avait pas lieu d'être employée. "A cette échelle [de la campagne], nous ne nous intéressions qu'aux menaces physiques, nous n'étions pas dans une position de contre-espionnage", explique un vétéran de l'USSS.

Plusieurs e-mails, qui ont été rendu publics la semaine passée par le fils Trump lui-même, prouvent la volonté des deux protagonistes de se rencontrer pour échanger des éléments servant à décrédibiliser Clinton. Cette com' de son avocat ne ressemble donc pas seulement à une tentative désespérée : elle en est une.