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Robert Bourgi, c'est cette figure de la Françafrique, cité dans les "affaires" ayant précipité la chute du candidat de droite. Non, il n'a pas été mêlé aux soupçons d'emplois fictifs pesant sur le couple Fillon mais plutôt à l'affaire des costumes. 

Robert Bourgi, c'est l'avocat qui a offert à l'ex-Premier ministre des costumes de luxe griffés Arny's pour une valeur de 13.000 euros. Suite à la révélation de cette histoire par Le JDD, l'enquête sur de possibles emplois fictifs s'était étendue à des soupçons de trafic d'influence. Si l'avocat expliquait qu'il s'agissait de "simples cadeaux amicaux sans conflits d'intérêts ni trafic d'influence", cela a contribué à enfoncer un peu plus le vainqueur de la primaire de la droite et du centre dans une période qui ne lui était déjà pas avantageuse. "Les costumes nous ont tués", résumait d'ailleurs Anne Méaux, conseillère durant la campagne à la présidentielle de François Fillon.

"C'est Sarko que j'aime"

Dans son numéro de juillet, Vanity Fair a consacré un long portrait à cet avocat mystérieux. Celui qui était parfois présenté comme étant un "proche de Fillon" avait en réalité des liens beaucoup plus étroits avec Nicolas Sarkozy. "Au fond, je n'ai jamais cru en Fillon. Tu comprends, ma grande?", explique-t-il avec un zeste de condescendance à la journaliste de Vanity Fair. "Tu me suis? C'est Sarko que j'aime. Il est comme moi : un affectif, un métèque. D'ailleurs, je ne l'ai jamais trahi, je lui racontais tout de mes discussions avec Fillon".

Tout s'est envenimé à la suite d'une conversation entre Bernard Debré, proche de François Fillon, et Patrick Stefanini, son directeur de campagne. "Je l'ai dit à François : 'si tu veux que je m'occupe de l'Afrique, je ne veux pas de Bourgi dans les pattes. Ce type est dangereux'". C'est là que Robert Bourgi, blessé, a, de son propre aveu, "appuyé sur la gâchette". C'est en effet un proche de ce dernier, le journaliste Laurent Valdiguié, avec qui il aurait d'ailleurs entrepris d'écrire ses mémoires, qui a révélé l'affaire au grand jour. 

"On l'a bien niqué"

Après la parution, François Fillon a tenté de se défendre en qualifiant Bourgi d'homme "âgé qui n'a plus aucune espèce de responsabilité". Bourgi aurait alors rétorqué au principal intéressé : "Tu m'as traité de vieux? Là, tu as franchi la ligne jaune. Tu n'aurais pas dû, tu as fait pleurer ma petite Clémence. Je ne te le pardonnerai jamais". 

Il n'en fallait pas plus pour que Bourgi aille se confier à l'homme qu'il n'avait jamais vraiment quitté : Nicolas Sarkozy. Au cours d'un dîner, ce dernier aurait d'ailleurs déclaré : "Tu as vu, Robert, on l'a bien niqué".