L'édito: osera-t-il ?

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International

Les Français ont tranché : François Hollande sera bien le locataire de l’Elysée pour cinq ans. Hollande, c’est la victoire d’un homme, attaqué par la droite pour son manque d’expérience et de charisme, mais qui aura réussi, tout au long d’une campagne solide et empreinte de détermination, à incarner une stature présidentielle crédible aux yeux des Français. Là où l’agitation de Nicolas Sarkozy et un entre-deux-tours aux allures de fuite en avant pour séduire l’électorat frontiste auront définitivement acté la rupture entre le Président sortant et une majorité de ses compatriotes. Sa sortie, elle, aura été très digne. Si le profil de Hollande a "rassuré", le nouveau Président ne bénéficiera pas d’un état de grâce. D’abord parce qu’il doit son élection en partie à un rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy. Ensuite, et surtout, parce que la France n’a probablement jamais été aussi divisée - la montée des votes extrêmes au premier tour en témoigne -, inquiète face à la crise et précarisée avec ses 10 % de chômeurs. Une France qui doute, en perte de repères face à la mondialisation et impuissante à enrayer son déclin. Hollande devra prouver qu’il est davantage qu’un "anti-Sarko". Car le changement et la croissance ne se décrètent pas. La logique de l’endettement à outrance a vécu. Le plus difficile arrive pour lui : accepter l’idée d’une réforme courageuse du modèle économique et social de son pays et en être le premier inspirateur. Quitte à bouleverser certains conservatismes, à mettre en cause certains acquis. Les efforts à consentir seront considérables. Hollande devra convaincre les Français, mais aussi l’Europe et les marchés financiers qu’il aura cette audace et cette ambition pour la France.

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