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Olivier Fröhlich, responsable national francophone des JMJ, tire un bilan très positif de l’événement : "Nous nous réjouissons du nombre de jeunes Belges, plus de 2 000, qui ont été présents à Madrid. C’est rassurant surtout dans le contexte difficile des affaires qui ont secoué l’Eglise ces derniers mois et profondément marqué la population belge. On parle, par ailleurs, au total, de près de 1,5 million de jeunes venant du monde entier. On dit souvent que l’Eglise n’a plus aujourd’hui cette capacité de mobiliser les jeunes. Le succès de ces JMJ prouve exactement le contraire. D’autant que le gros des contingents de jeunes venus à Madrid provient d’Europe. L’Eglise n’est donc certainement pas aussi morte que certains le prétendent." Pour notre interlocuteur, ce signe de "vitalité de l’Eglise" prouve que de nombreux jeunes aujourd’hui sont "en quête de sens, de questionnement et de valeurs davantage qu’à la recherche de repères contraignants" dans un monde troublé, en crise et où l’autorité de plusieurs grandes institutions traditionnelles (la justice, la politique mais aussi la religion) a été mise à mal, notamment dans nos pays d’Europe occidentale. "Nous avons vu de nombreux jeunes chrétiens qui rencontrent parfois des difficultés dans leur milieu de vie, au travail ou à l’école. Ces jeunes se retrouvent aux JMJ pour affirmer leur foi : cela leur donne du souffle. On constate aujourd’hui une grande capacité des jeunes chrétiens à s’engager et à se mobiliser pour de grands événements ponctuels comme les JMJ. Après ces moments, dans la réalité quotidienne, c’est parfois plus difficile Mais l’époque a évidemment beaucoup fait changer les choses. Nous sommes davantage, aujourd’hui, dans une recherche individuelle de sens que dans une logique d’engagement collectif", poursuit encore le responsable francophone des JMJ . Pour Olivier Fröhlich, l’un des moments les plus forts de ces JMJ restera la veillée de samedi soir perturbée par un orage tonitruant : "Nous avons vécu un moment d’adoration eucharistique incroyable avec 1,5 million de jeunes se recueillant dans le silence, cela dit plus que beaucoup de mots." Pour notre interlocuteur, cette image forte correspond bien à la personnalité de Benoît XVI "qui n’a jamais voulu se mettre au centre de ces JMJ" mais a toujours dit aux jeunes "que l’important était de faire une place au message du Christ".

Avons-nous vu un visage "moderne" de l’Eglise à Madrid ? "Ces JMJ ont montré le visage d’une Eglise très diversifiée au travers de ces jeunes chrétiens venus de près de 200 pays. Certains ont une approche plus classique, voire traditionnelle de l’Eglise, d’autres plus moderne, voire avant-gardiste. L’important est de garder cette diversité des cultures et de partager ensemble le message du Christ. L’unité n’est pas l’uniformisation", conclut Olivier Fröhlich.