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En marge d’un Congrès eucharistique au Costa Rica, Mgr Piero Marini, ancien cérémoniaire de Jean-Paul II qui le fut aussi partiellement sous Benoît XVI, mais chargé désormais de la coordination des congrès eucharistiques, s’est départi de la ligne ecclésiale en affirmant qu’"il est nécessaire de reconnaître les unions des personnes de même sexe; il y a beaucoup de couples qui souffrent parce que leurs droits civils ne sont pas reconnus. Ce qu’on ne peut pas reconnaître, c’est que ces couples soient mariés" .

Pour ceux qui ne suivraient pas l’actualité romaine, cette déclaration n’apparaîtra pas comme une avancée. Et pourtant Jusqu’ici l’idée même d’une union civile entre personnes de même sexe était condamnée dès qu’un prélat l’évoquait et était rappelé à l’ordre. Dans le cas présent, l’aile conservatrice de l’Eglise fait grand cas de cette déclaration qui n’émane pas d’un lointain évêque réfractaire mais d’un archevêque en vue que le pape François pourrait appeler à de nouvelles fonctions. Ce qui préoccupe les conservateurs, c’est que Mgr Marini a abordé spontanément cette question des unions homosexuelles alors qu’on l’interrogeait sur la laïcité de l’Etat.

Mais cette déclaration n’est pas unique dans les hautes sphères vaticances. Récemment, Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille et proche de Sant’Egidio, a souligné qu’"il y a des droits individuels à garantir. Il faut chercher des solutions dans le droit privé et dans le domaine patrimonial. Je pense que la politique doit, sereinement, s’en occuper. Certains ne veulent rien changer. Moi, je pense qu’il faut trouver de nouvelles voies pour arriver à une solution. Tous les hommes sont égaux parce qu’ils ont le signe de Dieu" . Et l’archevêque de plaider pour que l’Eglise se batte contre les législations homophobes appliquées dans une vingtaine de pays.

Enfin, un autre prélat important, le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, a récemment admis qu’il pouvait y avoir des partenariats de même sexe. Et d’ajouter : "Ils ont besoin de respect, et même de protection dans le cadre de la loi civile." On est loin de la reconnaissance du "mariage pour tous" mais on s’écarte du discours intransigeant de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 2003 et du cardinal Ratzinger avec la bénédiction de Jean-Paul II.