L'engagement militaire belge a désormais un volet maritime

émilie Sueur Publié le - Mis à jour le

International Correspondante à Beyrouth

Partie le 20 août du port de Zeebruges, la Frégate belge F930 Léopold I est arrivée mercredi à Beyrouth. Elle ne devait passer que quelques heures dans le port libanais, avant de repartir pour Limassol, à Chypre, où elle sera basée. Le Léopold Ier vient renforcer la section maritime de la Finul II, la Force intérimaire des Nations unies au Liban déployée au Liban depuis la fin de la guerre de l'été 2006 entre le Liban et Israël.

Jusqu'au 7 décembre, la frégate surveillera les côtes libanaises afin, notamment, de prévenir toute contrebande d'armes, particulièrement au profit du Hezbollah. Pour remplir sa mission, la frégate dispose de deux radars, un hélicoptère Alouette III et deux Zodiac. De quoi effectuer des missions d'abordages.

Reste que la surveillance des eaux libanaises se fait selon des règles bien précises. "Si nous croisons une embarcation, nous commençons par l'interroger par radio, pour vérifier son identité, d'où elle vient, où elle va", explique le quartier-maître Leclerq. "Nous avons tous été formés, avant cette mission, aux procédures d'abordages et de vérification", ajoute le Premier matelot Perey.

Un éventuel abordage, sur un théâtre aussi sensible que celui du Liban, semble toutefois être une opération de dernier recours. "La côte libanaise est couverte par une dizaine de patrouilleurs rattachés à la mission Finul, explique le commandant Wim Robberecht, qui a reçu mercredi après-midi, le ministre de la Défense, Pieter De Crem, en visite au Liban. Si l'on repère quelque chose, on envoie les informations au chef en mer". Actuellement, le commandement maritime de la Finul est assuré par les Italiens. "Eux centralisent toutes les données, ajoute le commandant. Par ailleurs, si nous repérons un navire suspect, nous devons d'abord en informer les autorités libanaises".

Pour cette mission sensible, la frégate est équipée d'un "système de défense de courte et moyenne portée", explique le 2 MR Pieter Janssens. A son bord, se trouvent des missiles air-air de moyenne portée "Sparrows", des missiles anti-navire de longue portée "Harpoon", un système de défense anti-missile "Goalkeeper" et un canon de 76 mm.

Sur le pont, dix hommes des commandos de Flawinne patrouillent en permanence, un fusil-mitrailleur P90 à la main et un gilet pare-balles sur le dos. L'équipage de la frégate a également effectué, en mai dernier, un entraînement intensif, le "Fost", " Flag officer sea training", à Plymouth, en Grande-Bretagne. "Au Fost, nous nous entraînons à gérer des conditions de crise extrême, comme des attaques navales, des menaces sous-marines voire des attaques terroristes. Le tout en condition quasi-réelles", explique le commandant en second Claus.

Alors que la mission pourrait s'annoncer difficile, le Hezbollah et Israël se livrant, depuis quelques semaines, à une surenchère de menaces, l'ambiance semble être au beau fixe sur la frégate. En témoignent les multiples dessins et messages humoristiques disséminés sur les six ponts. Et s'il fallait remonter le moral des 160 hommes à bord, le boulanger pourra assurer des livraisons de croissants au fromage, dont un plateau attend déjà d'être enfourné dans la cuisine de la frégate. Enfin, pour étancher leur soif, sur cette torride méditerranée d'été, les marins disposent de 160 fûts de bière. 160 fûts pour 160 hommes, sur quatre mois. Quand on y pense, ce n'est finalement pas énorme. "En cas de pénurie, nous pourrons probablement nous réapprovisionner à Chypre", affirme, en souriant, le 2 RM Janssens.

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