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L'Espagne se trouvait à nouveau endeuillée par le terrorisme, mardi, au lendemain de la mort de sept touristes espagnols dans un attentat au Yémen, une semaine après l'explosion d'une camionnette piégée qui a coûté la vie à six soldats du contingent espagnol au Liban sud.

Le Parlement espagnol, réuni pour le traditionnel débat sur l'état de la Nation, a observé, mardi, une minute de silence à la mémoire des victimes de cet attentat suicide à la voiture piégée.

Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a ensuite condamné "l'assassinat de sept Espagnols, au Yémen, victimes d'un attentat criminel" et a présenté ses "condoléances aux familles". Deux avions militaires espagnols ont décollé mardi matin en direction du Yémen pour rapatrier les sept victimes ainsi que les blessés espagnols qui, selon le ministère des Affaires étrangères espagnol, sont au nombre de cinq.

Le ministre de l'Industrie, du Tourisme et du Commerce, Joan Clos, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Bernardino Leon, une équipe médicale et des membres de la police scientifique ont pris place à bord des appareils. Le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos qui a exprimé lundi sa "plus ferme condamnation" de l'attentat, a précisé que les touristes voyageaient dans un convoi de quatre voitures tout terrain encadrées par des véhicules de sécurité, quand "une voiture suicide a embouti deux voitures".

Les victimes, toutes originaires du nord de l'Espagne, étaient au Yémen dans le cadre d'un voyage organisé par une agence basée au Pays Basque (nord de l'Espagne), Viajes Banoa. Cette agence a annoncé mardi qu'elle suspendait ses activités au Yémen et estimé que les terroristes avaient attaqué ce convoi parce qu'il s'agissait "de touristes" en général, sans savoir qu'il s'agissait d'Espagnols.

A cette époque de l'année, les convois touristiques dans cette région du Yémen, peuvent comporter jusqu'à 60 véhicules et 250 touristes, regroupant "toutes les nationalités", ce qui écarte l'hypothèse d'une attaque ciblée contre l'Espagne, selon un responsable de Viajes Banoa. Outre les sept touristes espagnols, deux de leurs chauffeurs yéménites ont été tués dans cet attentat qui a été immédiatement attribué par les autorités yéménites à Al-Qaïda.

Les autorités yéménites traquaient mardi les responsables de cet attentat suicide, affirmant qu'elles savaient que le réseau terroriste Al-Qaïda s'apprêtait à frapper de nouveau le Yémen. Lundi en fin d'après-midi, un homme avait foncé à bord d'une voiture chargée d'explosifs sur le convoi dans lequel se trouvaient 13 touristes espagnols, à l'ouest de Maareb, capitale de l'antique et légendaire royaume de la reine de Saba (170 km à l'est Sanaa).

Les touristes, escortés d'une voiture de police, achevaient la visite du temple construit il y a environ 3.000 ans à Maareb, une région dangereuse principalement en raison des risques d'enlèvement. C'est le deuxième attentat causant la mort d'Espagnols en une semaine au Moyen-Orient.

Le 24 juin, une voiture piégée explosant au passage d'un véhicule blindé de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a causé la mort de six militaires du contingent espagnol, trois Espagnols et trois Colombiens. La justice espagnole, qui se reconnaît un droit universel de poursuites judiciaires pour les crimes terroristes et de génocide, a ouvert une enquête sur l'attentat au Yémen tout comme elle l'avait fait pour l'attentat contre les soldats de la Finul.

Le ministre espagnol de la Défense José Antonio Alonso avait attribué lundi l'attentat du Liban à une "une cellule terroriste composée d'individus, possiblement étrangers, à savoir non libanais".