L'Espagne est-elle une autre Grèce ?
La victoire de Syriza rencontre un écho particulier dans la péninsule, où le parti des Indignés fait sien ce succès.
- Publié le 26-01-2015 à 19h24
- Mis à jour le 26-01-2015 à 19h25
"A la tête de [leur] gouvernement, les Grecs n'auront plus un délégué d'Angela Merkel", a déclaré Pablo Iglesias, leader de Podemos ("nous pouvons") après la victoire de Syriza. Deux jours auparavant les médias avaient publié la photo d'Iglesias et d'Alexis Tsipras, ensemble, à la tribune d'un meeting de campagne à Athènes. "La politique de coupes budgétaires injustes et inefficaces a subi une défaite, malgré la campagne de peur lancée contre les Grecs", ajoutait Iñigo Errejón, numéro 2 d'Iglesias. Pour Podemos, la victoire de Syriza est aussi la sienne.
"Nous respectons ce que les citoyens grecs viennent de décider, mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas préoccupés", répliquait lundi le porte-parole du Parti populaire (droite, au gouvernement). Dimanche, lors de l'assemblée annuelle du PP, le Premier ministre Mariano Rajoy avait été plus direct : "Nous ne pouvons pas jouer l'avenir de nos enfants à la roulette russe de la frivolité, de l'incompétence et du populisme."
Entre ces deux pôles, une question est posée par tous les intervenants politiques : l'Espagne va-t-elle suivre les pas de la Grèce ?
Au PSOE (socialistes), on craint la montée de Podemos, qu'on identifie à Syriza et que certains sondages situent à la tête des préférences électorales. De plus, la chute en minorité parlementaire minime du PASOK (le parti grec frère du PSOE) n'est pas de bon augure pour le PSOE. "Pour que l'UE avance, Syriza doit s'allier avec les forces progressistes, avec la social-démocratie européenne", a souhaité Iratxe García, eurodéputée du PSOE. "Mais la Grèce n'est pas l'Espagne, le Pasok n'est pas le PSOE et Syriza n'est pas Podemos", a-t-elle souligné.
Le parti Izquierda Unida laminé
Parce ce que Podemos capte son électorat surtout à la gauche de la gauche, c'est aussi un caillou dans les chaussures écolo-communistes d'IU (Izquierda Unida, Gauche unie). Ce parti partage 80 % de l'idéologie et des propositions de Podemos; il est dans le même groupe au Parlement européen. Pourtant, Podemos leur arrache chaque jour des sympathisants et bon nombre de militants. En conséquence, IU se déchire à Madrid (région) autour des possibles alliances futures.
Finalement, lundi, la présidente socialiste d'Andalousie a annoncé des élections anticipées dans la principale région d'Espagne, contre l'avis de ses alliés d'IU. En 2015, il y aura des élections municipales dans toute l'Espagne et des régionales dans 15 régions (toutes, sauf en Galice et au Pays basque).
L'Espagne n'est peut-être pas la Grèce, mais elle attend aussi une année 2015 très complexe.