International "Nous maintenons notre position de ne pas reconnaître (l'indépendance du Kosovo, ndlr) et nous continuons à appeler à un accord entre parties et au dialogue", a déclaré le numéro deux du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, à Madrid au cours d'une conférence de presse.

La CIJ a estimé jeudi, dans un avis consultatif, que la déclaration d'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février 2008, n'avait pas violé le droit international.

Peu après cette annonce de la cour de La Haye, la diplomatie espagnole avait simplement fait savoir que l'Espagne "respectait" cet avis.

Ce pays, lui-même confronté aux tentations indépendantistes de deux de ses régions, le Pays basque (nord) et la Catalogne (nord-est), est l'un des cinq Etats de l'Union européenne, avec la Slovaquie, la Roumanie, la Grèce et Chypre, à ne pas avoir reconnu l'indépendance du Kosovo. Mme de la Vega a nié que la position espagnole soit une réaction aux nationalismes basque et catalan. "Je pense qu'il est assez irréaliste de comparer l'Espagne aux Balkans", a-t-elle déclaré à l'issue du Conseil des ministres.

Selon elle, Madrid maintient sa position car elle s'appuie notamment sur la résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations unies concernant le Kosovo, votée en 1999, qui prévoyait le respect de "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de l'ex-Yougoslavie, dont la Serbie est issue.

Appuyée notamment par Moscou, cette dernière est fermement opposée à l'indépendance du Kosovo, reconnue en revanche par 69 pays, parmi lesquels les Etats-Unis et 22 des 27 Etats de l'UE. La presse espagnole se montrait prudente vendredi après la décision de la CIJ, a l'exception du quotidien madrilène El Mundo (droite).

Ce dernier considère dans un éditorial que cette décision "viole la résolution 1244" et valide une "politique du fait accompli" fondée sur un rapport de forces.

Le quotidien El Pais jugeait de son côté que même si Madrid continuait à ne pas reconnaître le Kosovo, la diplomatie espagnole allait se trouver dans une situation "peu commode" par rapport à ses principaux partenaires européens.

Le parti indépendantiste catalan ERC a pour sa part déposé vendredi une proposition de loi visant à faire reconnaître l'indépendance du Kosovo par le Parlement et le gouvernement espagnols.