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La vague de froid sibérien qui sévit depuis plusieurs jours en Europe avait fait plus d'une cinquantaine de morts, selon un décompte effectué jeudi et, accompagnée par endroits d'abondantes chutes de neige, semait la pagaille dans les aéroports et sur les routes. La vague de froid a fait au moins 54 morts depuis vendredi, selon un comptage des bureaux de l'AFP: 21 en Pologne, 6 en République tchèque, 5 en Lituanie, 4 en France ainsi qu'en Slovaquie, au moins 3 en Espagne, 2 en Italie tout comme en Roumanie, en Serbie et en Slovénie, un aux Pays-Bas, en Angleterre et en Suède. Parmi ces victimes, de nombreux sans-abri. Trois d'entre eux ont péri en France et en République tchèque depuis vendredi, deux en Italie et un dans les Asturies, dans le nord de l'Espagne.

En Pologne, une porte-parole du gouvernement a précisé qu'avec trois nouveaux décès enregistrés ces 24 dernières heures, le bilan total des victimes d'intempéries dans le pays depuis le 1er novembre s'élevait à 61 morts.

Avant un redoux attendu en fin de semaine, les températures restaient souvent glaciales à travers le continent. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le thermomètre est tombé à -28,7°C en Pologne et à -18°C dans les monts Métallifères en Allemagne. Aux Pays-Bas, après une légère hausse des températures, les valeurs ressenties devraient à nouveau tomber entre -15 et -19°C dans la nuit de jeudi à vendredi. Dans les Balkans, les météorologues attendaient une remontée des températures mais certaines régions montagneuses de Bosnie ont encore connu une nuit glaciale.

Conséquence directe de cette vague de froid, le groupe russe Gazprom a annoncé avoir battu un nouveau record, pour le septième jour consécutif, d'exportation de gaz vers l'Europe et la Turquie le 27 février, à 695,1 millions de mètres cubes.

En Irlande, l'approche de la tempête Emma qui devait provoquer jeudi les plus importantes chutes de neige sur ce pays depuis 1982, les habitants se ruaient dans les supermarchés pour constituer des stocks de nourriture. Car la neige et le verglas représentent un véritable défi pour les autorités, en particulier dans les transports.

L'alerte rouge a été étendue au sud-ouest de l'Angleterre et le sud du pays de Galles. Les responsables météorologiques y redoutent des chutes de neige pouvant atteindre 50 cm, accompagnées de vents violents. Une situation susceptible de causer des coupures d'électricité et des perturbations dans les transports, mettent en garde les autorités. Les prévisionnistes britanniques estiment que ces conditions météorologiques extrêmes continueront de balayer les îles britanniques pendant tout le week-end.

L'aéroport de Glasgow a été fermé jusqu'à jeudi en milieu de journée et les vols depuis Edinburgh connaissaient beaucoup de retards.

Dans le sud de la France, la neige est tombée abondamment depuis mercredi dans la région de Montpellier, où 2.000 "naufragés de la route" ont été secourus et au moins 2.000 autres étaient encore bloqués jeudi matin sur les routes et autoroutes.

En Suisse, l'aéroport de Genève a été fermé, et les premiers décollages à l'aéroport de Zurich ont accusé des retards, selon l'agence suisse ATS. La neige et le verglas ont provoqué plusieurs accidents sur les autoroutes helvétiques.

En Espagne, les météorologues prévoyaient un ralentissement des chutes de neige pour jeudi dans le nord du pays. Mais ailleurs, pluies drues et vents violents étaient redoutés.

Aux Pays-Bas, plusieurs tunnels, près de Rotterdam notamment, ont été fermés pour cause de verglas.

En Italie, la neige est tombée dans cinq régions de la moitié nord du pays. La pagaille continuait sur les voies ferrées du pays, en partie non équipées en cas de gel.

Amélioration par contre en Suède, où la situation revenait progressivement à la normale, après trois jours chaotiques sur les routes.