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Un des anciens grands espoirs de la politique sud-coréenne, qui avait renoncé à sa carrière après avoir été accusé d'agression sexuelle par sa secrétaire, a été acquitté mardi par un tribunal de Séoul. 

Ahn Hee-jung, qui était l'an dernier arrivé deuxième dans la course à l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle, derrière le futur vainqueur Moon Jae-in, est la personnalité la plus importante de Corée du Sud à avoir été emportée par la déferlante mondiale #MeToo. L'une des ses secrétaires, Kim Ji-eun, avait accusé M. Ahn de l'avoir violée quatre fois depuis qu'il l'avait embauchée en juin 2017.

Ahn Hee-jung, qui était considéré avant que ce scandale n'éclate comme un candidat à la succession de M. Moon, a été déclaré non coupable d'agression sexuelle, de relations sexuelles par abus d'autorité et d'autres chefs d'accusations par le tribunal du district ouest de Séoul.

"Je suis désolé et j'ai tellement honte", a déclaré M. Ahn en quittant le tribunal. "J'ai déçu beaucoup de monde. Je ferai des efforts pour renaître", a ajouté celui qui avait démissionné en mars de son poste de gouverneur de la province de Chungcheong Sud et annoncé à la même occasion son retrait de la vie publique.

L'enquête avait été ouverte à la suite des accusations, à la télévision, de Mme Kim, qui s'était dite incapable de résister à son patron du fait des liens hiérarchiques.

M. Ahn, 53 ans, avait présenté ses excuses, démissionné puis été inculpé. Mais il a toujours soutenu que les relations avec sa secrétaire étaient mutuellement consenties.

Le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas de preuve que M. Ahn ait usé de son autorité pour contraindre Mme Kim à avoir des relations sexuelles, en ajoutant que le dossier présenté par le parquet, qui demandait une peine de quatre ans de prison, n'était "pas suffisant pour prouver" la contrainte. "Il y a aussi beaucoup de choses qui posent question ou qui sont incompréhensibles dans le témoignage de la victime", a-t-il ajouté.

Le verdict a été rendu alors que des dizaines de militantes des droits des femmes étaient massées à l'extérieur, non loin de partisans de M. Ahn.