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L'ex Premier ministre français François Fillon a été de nouveau entendu vendredi par les juges dans l'enquête sur les emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants qui avait fait voler en éclat la campagne de l'ex-candidat de la droite à la présidentielle en 2017. Inculpé dans ce dossier, l'ancien Premier ministre du président Nicolas Sarkozy a été entendu dans la matinée au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, au lendemain d'une nouvelle audition de son épouse Pénélope, a appris de source proche du dossier, confirmant une information du quotidien Le Parisien.

"Ces auditions sont un processus classique, après la remise du rapport de synthèse des enquêteurs en juin et avant la clôture prochaine de l'information judiciaire", a expliqué la source proche du dossier.

Les révélations de l'hebdomadaire Le Canard enchaîné, le 25 janvier 2017, avaient déclenché l'ouverture d'une enquête qui s'était avérée fatale pour la candidature de François Fillon.

Parti favori dans la course à la présidentielle, il avait finalement été éliminé en avril dès le premier tour.

Au coeur du dossier, les soupçons d'emplois fictifs de sa femme Pénélope et de ses enfants quand ils étaient ses assistants parlementaires.

Les investigations portent aussi sur les salaires - 3.500 euros net par mois - touchés de mai 2012 à décembre 2013 par son épouse pour un emploi à la "Revue des deux mondes", propriété d'un homme d'affaires proche de François Fillon, Marc Ladreit de Lacharrière.

Inculpé le 14 mars 2017, notamment pour "détournement de fonds publics" et "complicité et recel d'abus de bien sociaux", François Fillon s'était alors borné à lire une brève déclaration devant les juges.

Mais aux soupçons d'emplois fictifs se sont ajoutées les révélations de Robert Bourgi, figure des réseaux de la "Françafrique", qui s'est vanté d'avoir offert lors de la campagne deux costumes d'une valeur de 13.000 euros à l'ancien Premier ministre.

François Fillon avait été entendu pour la première fois sur le fond de l'affaire quelques mois après la présidentielle par les juges d'instruction. Lors de cette audition, fin juillet 2017, l'ex-Premier ministre avait défendu la réalité des emplois d'assistants parlementaires de sa femme, entre 1986 et 2013, lorsqu'il était député, et de ses enfants Charles et Marie, entre 2005 et 2007.

Désormais retiré de la vie politique, l'ancien Premier ministre, âgé de 64 ans, a rejoint il y a un an la société de gestion d'actifs et d'investissement Tikehau Capital. "Il est heureux caché", a déclaré un de ses anciens soutiens au sein du parti de droite Les Républicains.