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Remonter le temps pour découvrir le passé de ses aïeux est quelque chose de passionnant. Un anthropologue islandais, Gisli Palsson, a décidé de s'immerger dans la vie de Hans Jonathan, connu pour être le premier noir d'Islande. Son ouvrage L’homme qui vola sa liberté, vient de paraître en français aux Editions Gaïa et dont le quotidien Le Temps a consacré un article.

Il faut d'abord rappeler que cette enquête n'aurait pas été possible sans le travail préalable de scientifiques internationaux. Ces derniers ont ainsi réussi à reconstituer son génome, sans avoir son corps en mains puisque sa dépouille n'a jamais été retrouvée. Ces chercheurs ont réussi à le constituer uniquement à partir des prélèvements ADN de ses descendants. En Islande, l'ouvrage Le livre des Islandais existe et permet de répertorier l'histoire de toutes les familles du pays.

"Grâce à ce livre, on sait que le seul immigré africain avant 1920 était Hans Jonathan et que les descendants étudiés n’ont pas d’autres ascendants africains que lui", a indiqué le généticien Kari Stefansson, au quotidien Le Temps.

Ce dernier avait mené l’étude publiée dans la revue Nature Genetics. "La génétique permet de revoir l’histoire de ces individus sous un angle différent, grâce à l’amélioration de la précision des données sur les origines géographiques, obtenue au cours de ces dernières années."


Esclave, soldat puis commerçant

Gisli Palsson a mené une enquête pour retrouver les traces de cet homme né en 1784 sur l’île de Sainte-Croix, dans les Caraïbes.

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Son père était un homme blanc. Sa mère, une esclave noire, serait originaire du groupe ethnique "yoruba" implanté au Bénin, au Togo, au Ghana et au Nigeria. C'est de là que les Danois ont déporté 45 000 esclaves entre 1700 et 1790 pour les faire travailler dans les plantations de canne à sucre.

La mère de Hans Jonathan était "esclave de maison" dans la famille du gouverneur en chef des Indes occidentales danoises. Cela a permis à Hans d'avoir quelques "privilèges" comparé aux autres esclaves. Il a côtoyé les enfants de ses maîtres, il a pu apprendre à lire, à compter et à jouer du violon.

A 7 ans, il rejoint sa mère, partie au Danemark avec ses maîtres trois ans plus tôt. Il y reste jusqu'à ses 16 ans. C'est alors qu'il s'enfuit puis s'engage dans la Marine où il part combattre la flotte anglaise. Il se distingue alors par sa bravoure mais se fait finalement arrêter puis juger avant d'être condamné à être revendu comme esclave. C'est à ce moment qu'il réussit une nouvelle fois à s'enfuir pour l'Islande, où il deviendra libre, commerçant et l'époux d'une Danoise.

Selon Le Temps, Hans a aujourd'hui 788 descendants répartis à travers le monde.