L'incendie en Catalogne causé par une cigarette ?

AFP Publié le - Mis à jour le

International

Les pompiers luttaient sans relâche lundi contre le gigantesque incendie qui fait rage dans le nord-est de l'Espagne, près de la frontière française, et a fait quatre morts, dont trois français, laissant derrière lui des scènes de désolation.

P> Le feu, poussé par une très forte tramontane, a transformé en un immense brasier la région de La Junquera, la ville frontière située du côté espagnol, et les villages avoisinants.

Un mégot jeté par négligence pourrait être la cause de cet incendie qui ravage la Catalogne, rapporte LeFigaro.fr. Le feu serait vraisemblablement parti d'un parking de la ville franco-espagnole du Perthus. La bourgade est connue pour son tabac et son alcool à bon prix, note le site.

La fumée était visible lundi depuis Barcelone, à plus de 150 kilomètres au sud de la frontière, et une odeur de brûlé enveloppait la ville. Seule lueur d'espoir, lundi, l'incendie ne progressait presque plus, après avoir détruit depuis la veille plus de 13.800 hectares de végétation, mais il restait "hors de contrôle", a annoncé le ministre catalan de l'Intérieur, Felip Puig.

Une légère accalmie du vent a permis, dès l'aube, l'intervention des avions et hélicoptères bombardiers d'eau, 22 appareils au total, espagnols et français, qui appuyaient environ 1.500 personnes au sol, dont 500 pompiers, épaulés par des centaines de volontaires, militaires, policiers ou gardes forestiers.

L'autoroute qui relie la France à l'Espagne, entre Figueres et Perpignan, fermée dimanche, a pu rouvrir dans les deux sens lundi, après avoir été fermée à deux reprises depuis la veille. La ligne de TGV a également été rétablie. Des milliers d'habitants ont reçu la consigne de rester confinés chez eux, côté espagnol, dans 17 villages, tandis que ceux qui ont fui étaient hébergés dans des centres d'urgence, notamment à Figueres, à une vingtaine de kilomètres au sud de La Junquera.

Les pompiers espéraient toujours que la tramontane, qui souffle du nord-ouest, laisse place au vent d'est venu de la Méditerranée, apportant de l'air plus humide, qui pourrait faciliter la lutte contre les flammes.

Depuis dimanche, d'énormes nuages de fumée noire ou grise s'élèvent au-dessus de la région, tandis que les flammes illuminent le ciel. En revanche, l'incendie a été maîtrisé dimanche soir dans le secteur de Port-Bou, une localité du côté espagnol, sur la côte méditerranéenne. C'est là que deux Français, un père et sa fille de 15 ans, ont été tués en sautant dans la mer pour échapper aux flammes.

A cet endroit, la route côtière, envahie par la fumée, s'est transformée en piège pour des automobilistes, paniqués, qui ont abandonné leur voiture à l'approche des flammes, se lançant sur la paroi descendant vers la mer. Certains ont pu être secourus. Mais trois personnes se sont jetées à la mer. "Je les ai vus descendre, un groupe de trois personnes. Ils sont partis dans le mauvais sens et je les ai vus sauter", témoignait lundi Xavier Mallol, 26 ans, près de la plage de Port-Bou.

"Au lieu de revenir vers le village, ils sont descendus vers la gauche, côté mer et se sont retrouvés piégés sur cet éperon", montrait l'ingénieur informaticien depuis la marina, "ils étaient trois, le père a sauté en premier, puis une femme a suivi." Le sort de cette dernière n'était pas connu lundi.

Un autre Français a été tué, un homme de 64 ans, qui a succombé lundi à de très graves brûlures, ainsi qu'un Espagnol de 75 ans, mort dimanche dans le village espagnol de Llers, près de La Junquera, d'une crise cardiaque après avoir vu sa maison entourée par les flammes.

L'incendie, probablement dû "à une imprudence", peut-être un mégot jeté par négligence, selon les autorités catalanes, avait éclaté dimanche sur le territoire de la commune franco-espagnole du Perthus.

"Cela a commencé hier à une heure de l'après-midi, au Perthus, près de La Junquera. Le vent était très fort, un fort vent du nord. Nous avons vu aussitôt des nuages de fumée s'élever", raconte un habitant du village de Terrades, Miguel Arche, âgé de 54 ans.

"C'était impressionnant, très fort, sur un front très large".

Le feu s'est propagé très vite du côté espagnol, dans la région de l'Alt Emporda, attisé par la tramontane soufflant à 90 kilomètres heure et par un air sec, laissant dans son sillage des scènes de désolation. Comme ces dizaines de moutons carbonisés, surpris par le feu dans le village de Darnius. Ou ces cactus calcinés, sur la falaise bordant Port-Bou, au-dessus de la Méditerranée.

L'incendie a fait en outre 23 blessés, dont huit restaient hospitalisés lundi. Les incendies de forêt et de broussailles sont particulièrement nombreux cette année en Espagne, où l'hiver a été le plus sec depuis environ 70 ans. Début juillet, un incendie a détruit 50.000 hectares de végétation dans la région de Valence, dans l'est du pays.

La semaine dernière, c'est à Tenerife, dans l'archipel des Canaries, qu'un feu s'est déclaré sur les flancs du mont Teide, en bordure d'un important parc naturel classé au patrimoine de l'Unesco.

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