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L'ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d'arrêt européen pour avoir pris part à la déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne, s'est rendue mercredi à la police en Écosse où elle s'est exilée, et a été placée en liberté conditionnelle.

L'ex-ministre catalane est arrivée peu avant 11H00 GMT au commissariat Saint Leonard d'Edimbourg, et a été présentée dans l'après-midi à un tribunal de la capitale écossaise. Au cours de la courte audience, elle s'est opposée à son extradition vers l'Espagne. Elle est ressortie libre du tribunal, non sans avoir remis son passeport aux autorités.

Devant le tribunal, un groupe de manifestants a exprimé son soutien à l'ancienne dirigeante catalane. Ils arboraient des drapeaux catalans et une banderole sur laquelle était écrit en anglais "Nous sommes avec toi".

La justice espagnole accuse Clara Ponsati de "rébellion violente et de détournement de fonds publics en lien avec l'organisation du référendum" sur l'indépendance de la Catalogne, qui s'est tenu le 1er octobre 2017.

Clara Ponsati souhaite se "défendre vigoureusement" contre ces accusations qu'elle réfute et qui relèvent selon elle d'une "persécution politique", a ajouté son conseil. Elle soutient que les tribunaux espagnols ne peuvent garantir ses droits.

Une levée de fonds a été lancée mercredi sur internet pour soutenir sa défense, récoltant plus de 95.000 livres (108.000 euros) en quelques heures.

L'ex-dirigeante figure parmi les six indépendantistes catalans partis à l'étranger pour lesquels la Cour suprême espagnole a émis ou réactivé vendredi des mandats d'arrêt européens et internationaux.

L'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup lui aussi d'un mandat d'arrêt européen lancé par l'Espagne, a été arrêté dimanche par la police allemande près de la frontière avec le Danemark, après cinq mois d'exil.

Comme d'autres leaders catalans, Clara Ponsati s'était exilée en Belgique le 30 octobre 2017, après la destitution de leur exécutif et la mise sous tutelle de la Catalogne, décidées par Madrid en réaction à la déclaration unilatérale d'indépendance du 27 octobre.

Elle s'est installée il y a peu en Ecosse où elle travaille pour l'université de St Andrews (côte est) en tant que professeur d'économie et où elle a reçu le soutien de membres du Parti nationaliste écossais (SNP), qui partage les aspirations des indépendantistes catalans.