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Téhéran a dénoncé lundi la répétition d'accusations américaines "infondées" après les propos tenus la veille en Arabie saoudite par le secrétaire d'État américain Mike Pompeo sur l'"ambition" hégémonique prétendue de Téhéran au Moyen-Orient. Lors d'une rapide visite à Ryad et en Israël, le nouveau chef de la diplomatie américaine a réaffirmé dimanche la ligne dure de l'administration américaine vis-à-vis de l'Iran depuis l'arrivée au pouvoir du président Donald Trump. "L'ambition de l'Iran reste de dominer le Moyen-Orient", a-t-il ainsi déclaré, assurant que l'Iran "vend des armes aux [rebelles] Houthis au Yémen" et "soutient le régime meurtrier de [Bachar al-]Assad" en Syrie.

"Les propos du secrétaire d'État américain sur la présence et le rôle de la République islamique d'Iran dans certains pays de la région sont la répétition d'accusations absurdes et infondées", rétorque le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Bahram Ghassemi, dans un communiqué.

"La présence [iranienne en Syrie et en Irak répond] à la demande du gouvernement légal de chacun de ces deux pays et s'exerce dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la région, et cette assistance continuera aussi longtemps que [ces] gouvernements auront besoin d'aide dans ce combat", a-t-il ajouté.

M. Ghassemi a nié une nouvelle fois que l'Iran livre des armes aux rebelles houthis du Yémen, que Téhéran dit soutenir politiquement.

Les accusations américaines et saoudiennes sur le rôle présumé de la République islamique dans la guerre au Yémen sont "un faux problème, soulevé uniquement dans le but de détourner l'attention de l'opinion publique internationale des atrocités commises par l'Arabie saoudite dans ses attaques quotidiennes contre son pays".

L'Iran et l'Arabie saoudite ont rompu leur relations diplomatiques en janvier 2016 et sont engagés dans une lutte d'influence régionale. Les deux pays soutiennent des camps opposés en Irak, en Syrie, au Yémen ainsi qu'au Liban.

Téhéran dénonce régulièrement la campagne aérienne menée au Yémen depuis mars 2015 par la coalition arabe emmenée par Ryad pour tenter de faire reculer les Houthis, maîtres de la capitale Sanaa depuis fin 2014. L'ONU déplore de son côté les nombreux morts civils provoqués par ces bombardements qui n'ont pratiquement pas changé la donne sur le plan militaire.

Téhéran déploie en Syrie et en Irak auprès des forces gouvernementales de ces deux pays des "conseillers miliaires" iraniens et des milliers de "volontaires" iraniens ou afghans.