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L'Iran est en train d'installer 3.000 centrifugeuses dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, a déclaré un haut responsable iranien, cité jeudi par l'agence semi-officielle Mehr. "L'Iran est en train d'installer 3.000 centrifugeuses à Natanz et possède actuellement 1.600 centrifugeuses en activité", a déclaré Abdolreza Rahmani Fazli, adjoint du secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, en charge du dossier nucléaire iranien.

Des représentants de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont constaté dimanche, en inspectant les installations nucléaires iraniennes à Natanz (sud), que les centrifugeuses - les machines pour enrichir l'uranium - fonctionnaient à plein rendement, selon des sources diplomatiques à Vienne. L'une de ces sources avait affirmé que 1.600 centrifugeuses sont opérationnelles et une "cascade" de 164 autres est ajoutée environ tous les dix jours.

Téhéran pourrait donc atteindre cet été son objectif de 3.000 centrifugeuses, qui théoriquement pourrait lui permettre de construire une bombe atomique par an. L'Occident soupçonne Téhéran, qui dément, de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. L'uranium utilisé dans les réacteurs civils est faiblement enrichi (autour de 5%), tandis que celui destiné aux armes nucléaires doit atteindre le niveau d'au moins 90%.

En mars, le Conseil de sécurité avait donné à l'Iran 60 jours pour suspendre ses activités d'enrichissement, faute de quoi il s'exposerait à de nouvelles mesures, et cette échéance expire la semaine prochaine. L'AIEA doit publier mercredi prochain un rapport sur les activités nucléaires iraniennes, qui pourrait également donner lieu à de nouvelles sanctions. Le directeur de l'AIEA, Mohamed Elbaradei, a déclaré au quotidien américain New York Times que "le but de la suspension - qui consiste à empêcher d'obtenir le know-how (de l'enrichissement) dans une perspective de non-prolifération - est dépassé par les faits". Il a ajouté que désormais "le but devrait être d'empêcher les Iraniens de passer à une production au stade industriel".

Le président américain George W. Bush a menacé jeudi l'Iran de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU si des progrès n'étaient pas accomplis dans les efforts pour que la République islamique renonce à ses activités nucléaires les plus sensibles. "Nous reconnaissons pleinement que les Iraniens ne doivent pas avoir d'arme nucléaire", a déclaré M. Bush lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre britannique Tony Blair. Si des progrès ne sont pas enregistrés, "nous voulons travailler ensemble pour appliquer de nouvelles sanctions via les Nations unies", a-t-il dit.