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Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Zarif poursuivait ce mardi à Bruxelles - troisième étape d'une tournée dans les pays signataires de l'accord sur le nucléaire iranien - son offensive pour tenter de le sauver après le retrait et le rétablissement de sanctions économiques par les Etats-Unis.

M. Zarif a eu dans la matinée un premier entretien avec la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, qualifié de "très fructueux".

"Nous sommes sur la bonne voie pour aller de l'avant afin de veiller à ce que les intérêts de toutes les parties restantes à l'accord, en particulier l'Iran, soient préservés", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, cité par l'agence d'Etat Irna.

"Nous travaillons à préserver l'accord et à protéger les investissements européens. Une conséquence importante de l'accord a été la levée des sanctions économiques pour le bénéfice de la population iranienne", a pour sa part rappelé Mme Mogherini.

M. Zarif doit rencontrer en début de soirée ses homologues français, allemand et britannique, représentants des trois pays européens impliqués dans cet accord.

Mme Mogherini "fera rapport" de ces entretiens jeudi aux dirigeants de l'UE réunis en sommet à Sofia.

"Si l'Iran respecte ses engagements, l'UE respectera les siens. Ce sera le message" délivré par les 28 à Sofia, ce jeudi, a promis mardi le président du Conseil européen Donald Tusk dans sa présentation du sommet.

"Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker présentera pour sa part différentes options pour protéger les intérêts économiques européens dans le commerce avec l'Iran", a-t-il précisé.

Zarif et Mogherini
© Belga

Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron et le président russe Vladimir Poutine se sont entretenus mardi par téléphone et ont confirmé l'engagement de leurs deux pays à mettre en oeuvre cet accord. M. Zarif était à Moscou lundi.

Les Européens veulent éviter à tout prix que l'Iran abandonne l'accord et relance son programme pour se doter de l'arme nucléaire.

"Nous pouvons avancer sur d'autres questions, mais nous ne devons pas démanteler ce qui fonctionne", a plaidé Federica Mogherini en réponse aux demandes de renégociation de l'accord pour inclure des dispositions sur les missiles balistiques de l'Iran.

L'accord conclu en juillet 2015 après des années d'âpres négociations entre l'Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) a permis de geler le programme nucléaire iranien jusqu'en 2025. C'était son seul propos, insistent les Européens.

En échange de leur soutien, les Européens attendent toutefois des concessions de l'Iran pour dissiper les inquiétudes suscitées par son programme de missiles balistiques.