L’Iran redouble d’efforts pour sauver Damas

V.B. Publié le - Mis à jour le

International

La fidélité est une valeur qui ne se vérifie que sur la longueur. La visite officielle que vient de mener le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akhbar Salehi, dans la capitale syrienne témoigne une nouvelle fois des efforts déployés par l’Iran pour soutenir le régime de son allié régional. Il est vrai que le blocage total des initiatives de la communauté internationale, dont la récente visite du nouvel émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi est une nouvelle illustration, laisse le champ libre à la République islamique.

M. Salehi, qui a assuré Damas de "l’appui illimité" de Téhéran, a informé M. Assad des résultats de la première réunion, tenue lundi au Caire, par le groupe de contact régional sur la Syrie, qui rassemble les quatre principales puissances du Moyen-Orient, à savoir l’Iran, l’Egypte, la Turquie et l’Arabie saoudite.

L’Iran, qui a dit regretter l’absence de cette dernière, a proposé l’envoi d’observateurs de ces quatre pays pour tenter de mettre un terme au conflit syrien, un an et demi après le démarrage de la contestation pacifique. M. Salehi a précisé que le règlement se ferait "uniquement à l’intérieur de la famille syrienne avec la participation et la coordination de toutes les institutions internationales et régionales".

Selon l’agence officielle Sana, les deux hommes ont évoqué "la consolidation de la coopération bilatérale, de manière à permettre aux peuples des deux pays de vaincre les difficultés engendrées par les sanctions iniques" que l’Occident a imposées à la Syrie et à l’Iran.

En écho, le président syrien Bachar al Assad a déclaré que la Syrie était visée par un conflit qui dépasse ses frontières. "La bataille qui se déroule actuellement ne vise pas seulement la Syrie mais tout l’axe de résistance" (sous-entendu à Israël), a affirmé M. Assad. L’axe de résistance dont parle le président syrien se confond avec l’arc chiite, qui comprend l’Iran, la Syrie et un groupe comme le Hezbollah libanais, auquel s’ajoutent les Palestiniens du Hamas et du Jihad islamique.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a exprimé mercredi ses réserves sur la participation de l’Iran au groupe de contact quadripartite sur la Syrie. Le chef du CNS, Abdel Basset Sayda, a rapporté avoir "exprimé ses réserves sur la participation de l’Iran au groupe de contact" au chef de la diplomatie qatarie, cheikh Hamad ben Jassem Al Thani, qu’il a rencontré mardi à Doha. "Nous apprécions le retour de l’Egypte sur la scène régionale mais nous estimons que l’Iran est partie prenante dans ce qui se passe en Syrie", a affirmé M. Sayda.

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