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L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé mardi les conclusions du Royaume-Uni selon lesquelles l'agent innervant Novitchok a été utilisé dans l'empoisonnement d'un couple de Britanniques à Amesbury, dans le sud de l'Angleterre. 

Dawn Sturgess, une mère de trois enfants âgée de 44 ans, est morte le 8 juillet après avoir été exposée à un poison contenu dans un flacon de parfum ramassé par son compagnon Charlie Rowley.

Le couple avait été hospitalisé le 30 juin dans un état grave. Charlie Rowley a finalement survécu à l'empoisonnement, après quelque trois semaines de soins.

La police britannique a indiqué que le couple a été exposé au Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l'Union soviétique à la fin de la Guerre froide.

"Les résultats de l'analyse des laboratoires environnementaux et biomédicaux recueillis par l'équipe de l'OIAC confirment les conclusions du Royaume-Uni concernant l'identité du produit chimique toxique qui a empoisonné deux personnes à Amesbury", a déclaré mardi l'OIAC dans un communiqué.

"Il s'agit d'un agent neurotoxique de type Novitchok", a aussitôt précisé le ministère britannique des Affaires étrangères dans un autre communiqué.

C'est le même produit toxique que celui trouvé dans les échantillons biomédicaux et environnementaux prélevés suite à l'empoisonnement des Skripal le 4 mars 2018 à Salisbury, ville voisine d'Amesbury, a ajouté l'OIAC.

Le Royaume-Uni a établi un lien entre la mort de Dawn Sturgess et l'empoisonnement début mars à Salisbury au moyen du Novitchok de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.

Celui-ci avait été attribué par Londres à Moscou, qui nie toute implication.

En août, le Royaume-Uni avait demandé à l'OIAC, dont le siège est à La Haye, d'accroître son assistance dans l'enquête sur la mort de Dawn Sturgess.

L'OIAC avait ensuite annoncé le déploiement d'une équipe technique afin d'assurer une visite de suivi et de collecter des échantillons supplémentaires après avoir déjà dépêché sur place une équipe en juillet à la requête de Londres pour identifier la substance ayant causé la mort de la jeune femme.

"Nous sommes reconnaissants à l'OIAC pour son travail d'expert indépendant", a indiqué le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt, cité dans le communiqué, accusant une nouvelle fois les Russes d'avoir "introduit un agent innervant au Royaume-Uni".