International

Emmanuel Macron quitte vendredi l'Elysée pour deux semaines de vacances au fort de Brégançon, dans le Var. Le président "va prendre du repos tout en continuant à travailler dans une ambiance calme", indique son entourage.

Les débuts commencent pourtant sur les chapeaux de roues, puisqu'Emmanuel Macron reçoit dès ce vendredi la Première ministre britannique Theresa May. Les deux dirigeants auront, à partir de 18H15, une réunion de travail d'environ deux heures. Puis ils retrouveront Brigitte Macron et Philip May pour un dîner "amical" à quatre, dans la propriété qui domine la mer Méditerranée.

Durant la réunion, Emmanuel Macron va écouter Theresa May, de retour de vacances en Italie, "expliquer la position de Londres dans les négociations sur le Brexit et sur l'avenir des relations avec l'UE", selon l'Elysée. Il n'y aura pas d'annonce à l'issue de l'entretien, car "il ne s'agit pas pour Paris de se substituer au processus de négociations piloté par Michel Barnier", chargé par l'UE de discuter avec Londres, souligne la présidence.

Pourtant, cette visite est perçue comme une forme d'appel au secours de Theresa May, en vue débloquer les négociations sur le Brexit. Ces négociations patinent depuis plusieurs mois alors que Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici à la mi-octobre pour organiser leur divorce, programmé fin mars 2019.

Voilà pourquoi Londres a entamé une opération séduction de dirigeants européens, visant principalement la France et l'Allemagne. Le but : contourner tant que faire se peut la Commission européenne, qui se montre rigide dans les discussions.

D'ailleurs, en visite lundi à Paris, le nouveau chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt s'était déclaré "préoccupé" par le "vrai risque d'un Brexit sans accord". "La France et l'Allemagne doivent envoyer un signal fort à la Commission", a-t-il affirmé. Selon lui, "le risque d'un divorce houleux est réel, ce qui serait une énorme erreur géostratégique".

"La supplique de May à Macron sur le Brexit"

Les points importants posant problème relèvent principalement de l'épineuse question de la frontière entre l'Irlande du Nord (concernée par le Brexit) et l'Irlande (membre de l'UE), des conditions des relations futures (hors marché unique) ou de la sécurité à venir (échange de renseignements et d'informations).

La France est perçue au Royaume-Uni comme l'un des principaux - voire le principal - obstacle à un assouplissement de la position de l'UE dans les négociations. Paris ne s'est pas caché de vouloir profiter du Brexit pour tailler des croupières à la place financière de Londres en récupérant des emplois.

"La supplique de May à Macron sur le Brexit", titrait ainsi mercredi le quotidien conservateur The Times. Car la Première ministre est en train de jouer son avenir politique, et fera tout pour ne pas être dans les livres d'histoire celle qui a échoué à faire sortir son pays "de façon ordonnée" de l'UE

En attendant, le Brexit est devenu au Royaume-Uni synonyme de psychodrame permanent, aussi bien au sein du Parlement, majoritairement europhile et en guerre contre l'idée d'un Brexit sans concession, qu'au sein du gouvernement conservateur, déchiré entre farouches partisans et adversaires du Brexit.