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Les conditions dans lesquelles s'est déroulée la campagne pour les élections présidentielle et législatives turques de dimanche n'ont pas été équitables, jugent les observateurs internationaux de l'organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Le chef de l'État Recep Tayyip Erdogan a été réélu et son parti a remporté la majorité au parlement. "Les entraves aux libertés fondamentales que nous avons constatées ont eu un impact sur ces élections et j'espère que la Turquie lèvera ces restrictions dès que possible", a déclaré lundi Ignacio Sanchez Amor, chef de la mission.

Le rapport de l'OSCE et du Conseil de l'Europe met en avant les conditions de campagne inéquitables des différents partis, notamment sur le plan médiatique. Le parti au pouvoir et le président sortant bénéficient en effet d'une couverture "plus favorable". "Les organes médiatiques, dont l'audiovisuel public, n'ont pas offert aux électeurs des informations équilibrées sur les différents candidats", selon l'OSCE.

"Même s'il n'y avait pas d'opportunités égales, la plupart des compétiteurs ont pu transmettre leurs messages au public", ont toutefois nuancé la mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe, dans un rapport préliminaire.

"Le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies, même si des mesures légales importantes ont souvent été omises pendant le décompte" des voix a ajouté M. Amor en présentant le texte à la presse. Ainsi, certains bulletins n'étaient pas tamponnés par les comités en charge des bureaux de vote, et les bulletins n'étaient pas systématiquement enregistrés lors de leur livraison dans les bureaux de vote, une irrégularité qualifiée de "sérieuse" dans le rapport.

Pointant des "restrictions" auxquelles ont été soumis certains observateurs internationaux, le texte explique que "les évaluations négatives (des observateurs) étaient souvent liées à la présence de personnels non-autorisés, souvent des policiers, qui sont parfois intervenus dans le processus".